mardi 1 avril 2025
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Hervé Aeschbacher – Bienheureux celui qui patiente

Alors qu’il est entré à France 3 Alsace comme chroniqueur sur la vie étudiante, Hervé Aeschbacher fait partie du paysage audiovisuel depuis trente ans exactement. Toujours à la matinale, il est passé doucement mais sûrement de chroniqueur à présentateur de ses propres émissions, dont la toute récente Bien, et vous ? Avec sa bande de spécialistes du bien-être, tous les mercredis et vendredis à 9h05, il prodigue des conseils pour une vie saine et joyeuse. Lui qui a passé toute son enfance à Huningue et habite aujourd’hui trois jours dans le Haut-Rhin, quatre dans le Bas-Rhin, a trouvé un bel équilibre.

Vous avez fait vos études à Strasbourg, vers quel métier vous orientiez-vous ?

Alors déjà je ne voulais absolument pas venir à Strasbourg, mais aller à Paris ou à l’étranger, et puis j’ai suivi mes amis. Trente ans après, je suis le seul à être resté, ils sont tous partis ! J’ai fait des études en aménagement du territoire, j’avais des cours partout dans les facs de droit, sociologie, histoire… Je n’imaginais rien du tout comme métier, mais j’ai toujours aimé construire, des maquettes, des ponts, peut-être le fait d’habiter au bord du Rhin… À Huningue, la ville des trois frontières, en 5 min à pied j’étais en Suisse, en 5 min en Allemagne où on allait faire les courses, et je me disais quelle chance ! J’avais l’impression d’habiter le centre du monde.

Comment êtes-vous entré à France 3 Alsace ?

C’est tout simple, en 1995 j’ai été invité à un repas parce que je vendais les programmes du Barabli au Cheval blanc à Schiltigheim. Il y avait Dinah Faust, Christian Hahn, plein de gens, c’était un repas avec les comédiens et le responsable des programmes de France 3. Une émission de 26 minutes devait passer à 52, et il a demandé des idées de chroniques. J’en ai proposé une sur la vie étudiante. Il m’a rappelé le jour de mon anniversaire en disant, on va la tester. Et j’ai continué comme ça. Et comme tous les jeunes, j’étais un peu perdu au niveau des études, un métier à vie ce n’était pas possible ! Donc l’idée c’était aussi d’aller voir des personnalités, comédiens, artistes, politiques, pour savoir si leur métier était en rapport avec leurs études. Je me suis rendu compte que ce n’était pas le cas, qu’on avait plusieurs vies dans une vie…

À la fin de vos études, vous choisissez France 3. Quelles étapes franchissez-vous ?

Les études étaient aussi pour rassurer mes parents, et je gagnais déjà ma vie. Donc je suis resté à la télé, je pense que ce n’était pas un mauvais choix trente ans après ! J’ai attendu, AT-TEN-DU, je suis d’une patience… J’ai eu mon premier CDI en 2018 ! J’ai renouvelé les expériences, des gens sont partis à la retraite—je n’ai jamais provoqué les choses pour prendre la place de quelqu’un… En général si on veut gravir les échelons, on les remplace, mais moi je n’avais pas envie qu’ils partent, je voulais travailler avec eux.

Mais vous aviez d’autres activités parallèlement ?

J’ai été producteur, j’ai travaillé en radio, j’ai fait de la communication en entreprise, les premiers sites internet pour de grands quotidiens français, j’avais toujours 3-4 activités. Par exemple, Enigmatis, un labyrinthe de maïs à Colmar, des galeries de tableaux, Top Music, Lagardère, L’Alsace, j’ai produit Cathy Bernecker alias Mademoiselle Mamsell. C’était mon idée d’utiliser les expressions alsaciennes de nos grands-parents, parce que je m’intéressais aux choses de la région.

Sur le plateau de Stamm and co, à l’comusée en 2024. / ©Dr
Finalement en 2018, vous signez à la télé avec votre propre émission ?

C’était bizarre de devenir la tête de gondole et le premier truc qui m’est venu à l’esprit, c’était de m’entourer de gens que j’aime bien, d’une bande. J’adore travailler en équipe, avec la famille professionnelle que je me suis créée et heureusement cela a été une transition très douce et simple. Maintenant, ils sont de plus en plus nombreux parce que je suis de plus en plus vieux, j’ai l’âge d’être le patriarche et ça fait un peu peur.

Craignez-vous l’âge qui avance ?

Non je m’en fous, sauf que c’est moi qui dois être la raison et ce n’est pas toujours évident. Quand un jeune stagiaire me demande des conseils, c’est une responsabilité. Moi dans ma tête, j’ai encore 20 ans et je suis en train de me dire quand je serai grand… Alors qu’autour de moi, on dit, eh le vieux, c’était comment de ton temps ? Mais de qui tu parles là ?! (rires)

Après Génération Stamm et Stamm and co, Bien et vous ? a démarré en janvier. C’est aussi un talk-show ?

Oui c’est ça, mais sur le bien-être et la santé, une demande de ma direction. On change de concept tous les deux-trois ans, et c’est pas mal de prendre ça comme une opportunité. On m’a aussi proposé l’émission DébatDoc avec des sujets de société durs, comme le viol. J’ai demandé à ne pas avoir un droit de regard sur le sujet pour ne pas rester dans ma zone de confort, je ne veux pas me fossiliser sur place. Cette année par exemple, je ne porte plus de costumes, parce que je suis dans une forêt ! C’est un détail mais ça change des choses, plus de chemises à repasser déjà (rires) !

Je présente aussi des spéciales comme Secrets de Noël, qu’on va sans doute développer en Secrets de… Ce sera en extérieur, sous forme d’événements, et sans doute en septembre encore. C’est beaucoup de travail, d’anticipation quand on a trois émissions très différentes et pas 300 personnes autour de soi.

« J’adore travailler en équipe, avec la famille professionnelle que je me suis créée »

Avez-vous des passions en dehors de votre métier ?

J’adore l’actualité, je lis beaucoup les journaux, sur une tablette. J’aime faire ce que j’appelle l’éponge de l’inutile, c’est-à-dire que j’absorbe toutes les informations autour de moi, puis je les ressors sous forme d’idées. Alors j’ai 1000 idées par jour et 999,5 sont à jeter, mais je pense à voix haute et mes collaboratrices me disent si c’est pourri ! Je suis passionné par l’architecture, l’urbanisme, les voyages… Je reviens d’Oslo, et il a fallu que je sache la date de construction des immeubles, j’analyse le paysage, la déco. Je ne peux pas m’en empêcher, et c’est pour ça que je dis que je suis une éponge. À Strasbourg aussi, on a du bol, il y a tellement d’époques différentes ! Tous les jours je vais au boulot à pied et je découvre un détail sur un immeuble que je ne connaissais pas.

Que peut-on vous souhaiter pour votre bien-être et pour l’année à venir ?

Mon bien-être à moi, c’est de m’isoler. J’adore passer du temps tout seul, me promener seul. Être tranquille, c’est le luxe absolu, avoir un peu de solitude et d’espace. Ensuite j’aimerais faire une émission régionale sur l’humour. Est-ce que mon patron voudra ? C’est un appel. J’ai un concept en tête, mais je vais faire comme d’habitude : je vais attendre.

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