lundi 23 mars 2026
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Complément de quéquette

On n’a pas ça nous en Alsace, une vedette qui se fait faire une petite turlute en public, m’a dit ma voisine l’autre matin avant d’aller voter. L’été dernier au Cap d’Agde, lors d’un spectacle, Patrick Sébastien fait tourner les serviettes et la quéquette à Raoul « Y en a qui ont deux trous du cul, j’en ai même connu qu’en ont trois », c’est la fête, on rit on s’amuse. Entre deux couplets des sardines, entre l’huile et les aromates, une dame lui prend la bistouquette dans la bouche. Ce n’est pas les paroles de son nouveau tube, mais ce que l’on voit dans un reportage de Complément d’enquête. Une séquence sidérante, un sommet de vulgarité, le fonds de commerce de l’artiste. Logiquement, une enquête est ouverte et l’animateur érectile est poursuivi pour exhibition sexuelle en présence d’enfants, il risque une peine de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Il le sait, alors il affine sa défense : « T’as vu ma bite ? », interroge-t-il lorsque le journaliste de France Télévision lui pose des questions embarrassantes. Et puis, bien sûr, tout ceci est un complot, car lui, il n’a rien fait : « S’il doit y avoir une plainte, c’est contre la nana, ce n’est pas contre moi. C’est clair dans les images, elle monte sur scène, elle m’attrape le sexe, alors que je ne lui ai rien demandé ». Pour se justifier il parle aussi de simulation, mais il vient de dire qu’elle lui a attrapé le sexe. Il s’enfonce. Car c’est bien lui qui ouvre sa braguette et qui s’avance vers la dame, à aucun moment il dit non et les réactions des autres sur scène et du DJ disent tout de ce qu’ils voient. C’est clair, la dame s’occupe du petit bonhomme en mousse devant un public composé de quelques enfants qui est venu pour s’amuser. Le lendemain de la diffusion du reportage sur France 2, Patrick Sébastien est chez Hanouna, sans contradictoire, il est à la maison, pour dire ce qu’il a essayé de faire croire sur le service public : il est la victime. Il y va sans se défroquer, car il croit avoir « le peuple de son côté », les gens d’en bas comme il dit. Mais on peut aimer s’éclater sur ses chansons et le trouver à côté de la plaque, et vulgaire. Le roi de la fête, qui nourrit des ambitions politiques et souhaite jouer un rôle aux Présidentielles 2027, incarne ça, la vulgarité grasse d’une génération d’hommes qui prend des vessies pour des lanternes, alors qu’ils n’ont plus la lumière dans toutes les pièces du château.

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