Comment allez-vous, Éric Straumann ? Soulagé ?
Oui, bien sûr. Ça a été une campagne relativement dispersée, un électorat également dispersé avec une quadrangulaire. La campagne a été à la fois active, respectueuse du débat, et passionnée sur le terrain. C’était intense, certains ont commencé la campagne très tôt. Donc je suis satisfait du résultat, compte tenu du contexte. Le premier mandat a quand même été réduit à quatre années, car le début a été affecté par la Covid, ce qui a restreint les possibilités d’action. Là, je pars pour un mandat complet, ce qui permet de s’inscrire dans une perspective longue.
Vous avez obtenu 37% des suffrages, contre 63,9% en 2020. Votre principal opposant, Yves Hemedinger, a obtenu 31,63%, l’écart s’est resserré. Est-ce que les Colmariens vous envoient un message ?
Forcément. Cependant, j’ai plus de 1100 voix d’avance, donc il n’y a aucun problème de légitimité. Je n’ai pas été inquiet, on voyait bien qu’il surfait un peu sur la notion de surtourisme. Cela fait quand même 4 ans qu’il fait campagne, à temps plein. Je savais que je l’aurais en face de moi. Mais les Colmariens ont largement tranché. Je pense que les électeurs reconnaissent le bilan, la bonne gestion, la faiblesse de la pression fiscale. Le courage aussi de bâtir des positions. Lorsque j’ai décidé de piétonniser, ce n’était pas facile. J’ai eu une politique très active en matière d’environnement. On a planté beaucoup d’arbres. Proportionnellement, on a végétalisé plus qu’à Strasbourg. On a construit 30 km de pistes cyclables. Il y a un indice très objectif : la pollution a baissé de 25% entre 2020 et aujourd’hui.
« J’ai un beau bilan sur une période très courte et on a un peu des problèmes de riches »
Le taux de participation s’est révélé assez faible, avec 54,56% d’abstention. Comment l’expliquez-vous ?
C’est vrai, c’est aussi un phénomène urbain. C’est-à-dire que, lorsque ça fonctionne, les gens n’ont plus d’opinion. Il n’y a que ceux qui sont dans la contestation qui se déplacent. L’immense majorité des gens sont très heureux dans leur ville. J’ai fait une réunion publique où on parlait du bonheur de vivre à Colmar. J’ai un beau bilan sur une période très courte et on a un peu des problèmes de riches. Certes, il y a un fort taux d’abstention dans tout le pays. Est-ce une forme d’indifférence ? C’est possible aussi.
Quelle est la première chose que vous allez faire durant ce second mandat ?
La première est en réalité déjà largement engagée : la rénovation de la Collégiale. La deuxième chose, qu’on a engagée à la fin du dernier mandat, c’est l’installation d’une structure culturelle quartier Saint-Joseph, avec un grand parc. Nous avons également le rachat de la friche de la gare de marchandises qui est dans les tuyaux depuis de nombreuses années. Et puis on aura aussi un dossier très important : la friche de l’ancienne prison. Nous avons pris l’engagement fort de réaliser 10 millions d’euros d’investissement sur les 100 millions que va coûter le projet, pour que ce dossier soit positionné en haut de la pile du ministère de la Justice. C’est un investissement très important. Je souhaite maintenir des activités administratives en ville. Sur l’aspect culturel, il y a l’extension du conservatoire. Cela découle d’une volonté de maintenir une activité musicale dans le centre. Colmar est une ville de culture, nous dépensons, là-dessus, beaucoup plus que d’autres.
Le surtourisme semble aussi être une réelle problématique pour les habitants. Qu’en est-il pour vous ?
Oui, c’est un sujet, bien sûr. Il ne faut pas oublier un élément : Colmar est une ville tellement attrayante… On ne fait plus aucune communication, plus aucune publicité. Les touristes se présentent tout seuls et on ne peut pas les empêcher de rentrer en ville. Malgré tout, nous avons quand même fait pas mal de choses. Nous avons par exemple limité drastiquement les meublés de tourisme. Durant ce mandat, il faudra aussi limiter l’entrée des bus, pour qu’il n’y ait plus d’autocaristes qui se pointent au centre-ville.
« Ici, il y a des atouts extraordinaires pour être heureux dans la vie. Colmar, c’est la ville du bonheur »
Au rayon économique, êtes-vous optimiste vu le contexte ?
Si on ne parle pas d’économie, c’est que l’économie se porte bien. Sur le bassin de vie, on a le taux de chômage le plus faible du département. Nous accueillons aussi beaucoup d’investissements. Sur les trois dernières années, c’est plus de 50 millions qui ont été investis sur la zone industrielle nord, uniquement du privé. Donc malgré le contexte plus difficile au niveau global, je suis serein, très optimiste pour notre ville.
Finalement, que représente Colmar pour vous ?
Colmar, c’est l’idéal de la ville moyenne française. Il y a une bonne cohabitation des communautés, qu’elles soient protestantes, juives, musulmanes, etc. C’est une ville ouverte au monde. On a beaucoup d’étrangers. Une ville recherchée par ceux qui cherchent une bonne qualité de vie. C’est enfin une ville connectée, on a la chance d’avoir une gare TGV et l’Euro Airport au sud, en plus de la proximité de l’Allemagne.
Alors que votre second mandat ne fait que débuter, qu’avez-vous avez envie de dire aux Colmariens et aux Colmariennes ?
Je veux d’abord les remercier de la confiance qu’ils m’ont accordée. Je veux leur dire d’avoir une vision optimiste et de trouver à Colmar tout ce qui peut apporter quelque chose à leur bonheur. Ici, il y a des atouts extraordinaires pour être heureux dans la vie. Colmar, c’est la ville du bonheur. Vous voyez, je ne voudrais pas être le maire de Strasbourg (rires).
Repères
- 1986 : Son road trip de 5 semaines aux États-Unis
- 1992 : Il devient enseignant
- 2007 : Il est élu député
- 2020 : Il est élu maire de Colmar, « le plus important évidemment »
Ses préférences
- Un film : Itinéraire d’un enfant gâté, de Claude Lelouch
- Un livre : Les tilleuls de Lautenbach, de Jean Egen
- Un plat : Le couscous
- Un endroit hors d’Alsace : Castroville, aux États-Unis




