lundi 28 septembre 2026
batir et investir
AccueilÀ la uneJean-Philippe Hochwelker : L’artisan du cinéma

Jean-Philippe Hochwelker : L’artisan du cinéma

Exploitant cinématographique du Sélect et du Relief à Sélestat, il défend les cinémas de proximité. Il préside le syndicat des directeurs de cinéma de l’Est/Rhin et Moselle. Il est aussi trésorier du RECIT, le réseau régional d’éducation aux images. S’il a pris la suite de son père, son grand projet était le Relief qui fêtera dans quelques semaines son premier anniversaire, une réussite sur le territoire.

Pour vous, le cinéma est une histoire de famille. Votre papa a repris le Sélect en 1978, vous aviez 5 ans, cela signifie que depuis tout petit, vous êtes plongé dedans ?

Oui je suis tombé dedans. Comme Obélix. C’est la quatrième génération de la famille qui fait du cinéma, en 1910 mon arrière-grand-père a commencé à Colmar, dans un bar derrière la gare. Il a fabriqué son projecteur et projeté des films muets avec la famille qui jouait de la musique, des pionniers. Quand on a des parents qui sont dans le cinéma, on découvre un métier que l’on pratique 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Depuis tout petit, je passe mes dimanches dans les salles de cinéma.

 Quels sont vos plus vieux souvenirs de cinéma ?

 C’est au cinéma des Arcades à Strasbourg ; je me souviens des Disney de Noël, de Rox et Rouky, Blanche-Neige, Bernard et Bianca. Après, à l’adolescence, je voyais les films au Sélect. Mon plus beau souvenir est la découverte de la montée des marches à Cannes lorsque j’avais 13 ans.

 Et lorsque vous avez commencé à penser à votre vie professionnelle, elle se situait forcément dans le cinéma ?

 Non, dans un premier temps j’ai voulu faire autre chose, une formation d’ingénieur en électronique à Rouen. J’ai fait plein de choses, et même de la Formule 1 chez Renault F1 en 2005 et 2006, l’année des titres d’Alonso. J’ai aimé cet environnement de compétition. Je suis revenu en Alsace et l’entreprise pour laquelle je travaillais à fermer, mais je n’avais jamais vraiment lâché le cinéma. Dans les années 2010, j’ai pris la suite de mon père au Sélect. J’ai eu très vite le projet du Relief dans la tête, mais cela a pris énormément de temps, il y a eu le Covid, des indisponibilités de terrain, la guerre en Ukraine, l’explosion du coût de la construction, il fallait que tous les acteurs soient alignés, que la mairie soit partie prenante et nous avons redessiné le projet plusieurs fois. Il fallait faire preuve de persévérance, garder la foi, rester focus sur ce que l’on sait faire. Du coup, entre-temps, j’ai fait Ciné Croisière, un cinéma de Cernay.

Jean-Philippe Hochwelker et son équipe fabrique souvent le merchandising de films projetés au Relief.  / © Eric Genetet

 Un exploitant, donc un directeur de cinéma, c’est quelqu’un qui porte beaucoup de casquettes ?

 Oui, et ce n’est pas facile tous les jours, on peut se retrouver à réparer la climatisation qui tombe en panne, on s’occupe des achats de friandises, il faut conseiller les gens, connaître l’actualité des films, etc.

 Qu’aimez-vous le plus dans ce métier d’exploitant ?

 J’adore quand il y a du monde dans les salles, sinon, on s’ennuie. J’aime quand on a contact avec les gens, ça c’est vraiment agréable.

 Donc l’été a été très sympathique au Relief ?

 Oh oui. C’était le premier été, même si on n’avait pas beaucoup de points de repère, c’était un bel été. Les gens se sont appropriés le lieu au fur et à mesure et ça, c’est très important.

 Pourquoi l’avez-vous baptisé le Relief ?

 Je voulais un nom qui sort de l’ordinaire même si on a essayé le Grand Sélect, je voulais que son nom soit masculin comme le cinéma, qu’il puisse s’intégrer dans un milieu naturel. D’ici on voit les Vosges, juste en face, les montagnes, la nature, c’est un environnement connu à Sélestat, le relief des Vosges.

 7 salles, c’est un multiplex ?

 À partir de 7, on peut le dire. En fait, c’est grand sans être trop grand, il reste à taille humaine.

« Il était très important pour nous de garder l’équipe du SÉLECT, son âme »

c’est un côté familial, loin de l’ambiance que l’on peut trouver dans les multiplex, mais tout en proposant des prestations de multiplex avec par exemple des salles gradinées.

 Vous restez un exploitant indépendant, c’est important pour vous ?

 Oui, c’est mon éducation, c’est important dans ma manière d’être. Je suis libre de mes mouvements, je fais ce que je veux, comme un artisan.

De nombreux acteurs sont venus à Sélestat, quels sont vos plus beaux souvenirs ?

 On a eu la chance d’accueillir Michel Blanc grâce à Hakim Jemili. C’était un homme vrai et accessible. Je me souviens que Dany Boon est venu présenter son film au Sélect, il est extraordinaire, prêt à tout, très convivial. Je me souviens aussi d’un débat organisé avec une association de sourds-muets de Sélestat. C’était très joyeux, il y avait une grande communion dans la salle, beaucoup d’échanges, beaucoup de débats, on était bien.

Vous parliez du comédien Hakim Jemili, qui est Sélestadien, c’est une chance pour la ville ?

Oui, il joue le jeu, il a envie de faire des choses pour Sélestat, c’est très chouette. Il connaît beaucoup de monde et il reste très abordable. Nous avons quelques projets.

Octobre Rose au relief

Avec l’asso Sélestat contre le cancer, le Relief s’habille en rose, le jeudi 1er octobre. Une soirée placée sous le signe du bien-être et du plaisir. Accueil apéro dès 19h00, avec découverte des différents stands présents lors de la soirée : Selest’Aroma autour de l’aromathérapie, Doris qui représentera la marque Marcus Spurway (parfums), Sélestat contre le cancer avec un stand dédié à la prévention et à la sensibilisation, ainsi que d’autres stands autour du thème du bien-être. En partenariat avec l’association Sélestat contre le cancer, la Dr Hadidallah, gynécologue à l’hôpital de Sélestat, sera présente pour répondre aux questions du public autour du cancer du sein, avant la projection du film Verity.

Le Relief en chiffres

  • 140 000 Le nombre de spectateurs depuis l’ouverture.
  • 3500 Le nombre de mètres carrés.
  • 1000 Le nombre de fauteuils.
  • 280 Le nombre de places de la grande salle.
  • 16 En mètres, la base des deux grands écrans.
  • 9 En millions d’euros, l’investissement au Relief
  • 7 Le nombre de salles

Repères

1973 : Naissance à Strasbourg

1978 : 1er film, Rox et Rouky

1986 : 1er Festival de Cannes

2005 : Il se marie

2006 :  Directeur du Sélect

2008 : Naissance de son 1er enfant

2012 : Naissance de son 2e enfant

2025 : Ouverture du Relief

ARTICLES SIMILAIRES
- Publicité -

LES DERNIERS ARTICLES

- Publicité -
SELESTAT