jeudi 8 octobre 2026
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Jean-Christophe Meyer écrit l’Alsace

Fils de vigneron, journaliste et poète, Jean-Christophe Meyer puise la matière de ses textes dans son village, la nature et l’alsacien. Un héritage qu’il veut transmettre.

À Blienschwiller, tout ramène Jean-Christophe Meyer à ses racines. Sa famille y travaille la vigne depuis près de six siècles : « J’ai grandi entre vignes et forêts », raconte celui qui revient encore pour les vendanges. Installé à Rosenau, près de Bâle, il reste attaché à son village natal. Passé par Sciences Po puis le CUEJ de Strasbourg, le journaliste a voyagé en Ouzbékistan, au Pakistan et jusqu’en Sibérie. Des découvertes qui ont renforcé son ancrage : « Je me définis vraiment d’abord comme Alsacien », explique-t-il, mais aussi comme Européen et « citoyen du monde ». À la maison, sa première langue était l’alsacien, mais c’est en français qu’il apprend à lire, à écrire et à faire ses premiers pas en poésie. Une année d’études à Nuremberg le reconnecte ensuite à ses racines. Son premier poème en alsacien lui vient dans les vignes. Après plusieurs ouvrages en français, il publie en 2015 son premier recueil bilingue, Lìechtùnge – Clairières. La nature, le Rhin et la lumière de l’aurore traversent ses textes : « J’aime me définir comme un poète de l’aube ! ».

Transmettre aux enfants

Chez lui, l’écriture rejoint la transmission. Secrétaire de l’AGATE, l’Académie pour une Graphie Alsacienne Transfrontalière, il a coordonné en 2010 la création du Sentier des poètes de Blienschwiller. Habitants et vignerons avaient uni leurs forces pour installer des textes dans les vignes et rendre l’alsacien visible dans l’espace public. Jean-Christophe Meyer ne cache pas son inquiétude face à la baisse du nombre de locuteurs et à la perte de vocabulaire. Il défend l’immersion dès l’école maternelle : « L’avenir, c’est les gamins et la transmission », estime le poète. Chez lui, avec son épouse et leurs enfants, la vie de famille se déroule en alsacien : « C’est une de mes fiertés ! », avoue Jean-Christophe. Passionné par l’histoire locale, il a également consacré vingt ans à reconstituer les familles de Blienschwiller jusqu’au XVe siècle. Son nouveau recueil, Zwëiufergebatt, paraît en trois langues : Oraison des deux rives en français et Zweiufergebet en allemand.

Car pour le poète : « autant la langue façonne le paysage, autant parfois le paysage façonne la langue ».

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