AccueilÀ la uneLaure Tannacher : La culture, c’est s’ouvrir aux autres

Laure Tannacher : La culture, c’est s’ouvrir aux autres

Parler d’elle n’est pas son exercice favori. Laure Tannacher préfère mettre en lumière les équipes et les artistes qui font vivre Erstein. À 42 ans, l’adjointe à la culture, au patrimoine et à la communication découvre son premier mandat. Passionnée de musique, d’histoire et de lecture, elle se confie à Maxi Flash sur son parcours et ses envies pour la ville.

Vous habitez Erstein depuis juillet 2025. Comment avez-vous rejoint l’équipe municipale ?

Lors d’un Vendredi gourmand, j’ai rencontré un ami du maire. Il m’a dit que Kévin Diebold cherchait des personnes pour sa liste. J’ai répondu oui ! J’avais déjà souhaité m’engager à Kogenheim, mais la liste était constituée. Cette fois, tout s’est enchaîné très vite.

Vous aviez envie de devenir adjointe ?

Au départ, il n’était question ni de ce poste ni de la culture. Mais je voulais un engagement concret, pas faire de la figuration. Quand le maire m’a proposé cette fonction, j’ai accepté tout de suite. Je suis assez directe : je dis oui, puis je réfléchis après !

Votre parcours professionnel a aussi connu plusieurs changements…

J’ai été formée à la comptabilité et à l’assistance de gestion, puis j’ai travaillé dans l’hôtellerie-restauration à Munster et dans le secrétariat, notamment chez Azur FM. J’ai aussi passé le diplôme d’auxiliaire ambulancière. Mais je suis une grande dormeuse et ce n’était pas compatible avec ma vie ! J’ai ensuite passé dix ans chez Cuisines Schmidt à Sélestat, puis occupé des postes de responsable. Depuis août, je suis adjointe des cadres au service économat du centre hospitalier d’Erstein.

Quel est votre lien avec la culture ?

 Je suis passionnée d’histoire, particulièrement par les deux guerres mondiales. Erstein possède un patrimoine très riche. J’aime énormément la musique, même si je ne joue d’aucun instrument et que je chante comme une casserole ! Je participe aussi avec mes enfants aux ateliers de l’École d’arts plastiques. Je m’intéresse à un peu de tout.

Vous êtes aussi une grande lectrice…

Ma bibliothèque est pleine à craquer ! J’aime Marc Levy et Guillaume Musso, et je relis Harry Potter. Mon premier livre, offert par ma sœur, était L’Histoire d’Helen Keller. Cette petite fille sourde et aveugle qui apprend à communiquer m’avait touchée. Je le conserve depuis plus de 35 ans.

Comment vivez-vous ce premier mandat au quotidien ?

« Je chapeaute cinq structures culturelles. Ce sont les équipes qui font le travail : je veux les valoriser, pas en tirer de la gloire. »

Avant l’arrivée de la directrice de l’espace culturel, le 1er septembre, je faisais le lien entre les équipes. Et quand je n’arrive pas à dormir, il m’arrive de traiter les mails de la mairie en pleine nuit ! (La rédaction peut en témoigner : lors de nos prises de contact, un de ses mails nous est parvenu à 4 h 04 du matin).

Quels sont vos premiers chantiers ?

La saison 2026-2027 était préparée en partie : j’y ai ajouté ma touche. La suivante sera davantage de mon ressort. Les expositions du musée Etappenstall et les spectacles du Relais culturel se rejoignent autour de Dedans / Dehors, un thème choisi avant notre arrivée. Nous allons aussi revoir le magazine communal. Le marché d’impression arrive à échéance en fin d’année : c’est l’occasion de proposer quelque chose de nouveau, de plus jeune.

Laure Tannacher, adjointe à la culture, au patrimoine et à la communication, devant une fresque illustrant Erstein. /©TOM HERGA

Vous réfléchissez aussi au retour de la Fête du sucre ?

Oui, avec l’adjoint à l’attractivité. Nous avons des réunions pour réfléchir à la forme : un défilé, des concerts, la participation des habitants… L’idée est de la remettre au goût du jour. Nous partageons le constat qu’Erstein manque parfois d’animation.

Comment donner envie de venir à un spectacle ?

Nous avons élargi la gratuité pour les jeunes jusqu’à 18 ans, contre 15 auparavant. Il faut qu’ils ne se disent pas : « Ce n’est pas pour nous ». À l’ouverture de saison, le spectacle en plein air a réuni près de 300 personnes. Des personnes près de moi prévoyaient de repartir après un verre. Elles ont regardé cinq minutes et sont restées jusqu’au bout. J’espère qu’elles reviendront.

Vous préparez la Fête de la musique 2027. Qu’aimeriez-vous changer ?

Nous envisageons une seule scène plutôt que trois, en commençant plus tôt dans l’après-midi pour que tout le monde puisse jouer. Les associations pourraient tenir leurs buvettes dans une rue voisine. Why Not, dont le chanteur est ersteinois, a bloqué la date mais rien n’est encore signé. Dans une de leurs vidéos, la chanteuse reprenait Céline Dion : ils avaient une longueur d’avance ! Je leur ai demandé d’en chanter à la Fête de la musique.

Les artistes du secteur peuvent-ils vous proposer leurs idées ?

Oui, bien sûr, il faut ! Nous avons des talents qui ne demandent qu’à être connus. Jean-Claude Bader était sur scène à la dernière Fête de la musique, et les Blue Angels ont proposé de la salsa et de la bachata. Pour 2027, nous réfléchissons à une initiation à la country et à des percussions africaines, avec des associations d’ici.

Comment faire se rencontrer des publics différents ?

Les services peuvent mener des actions avec les écoles ou le Centre communal d’action sociale. Une fresque a été réalisée sur la Maison de la solidarité avec l’Espace jeunes et la Mission locale. La clôture de saison aura lieu au centre hospitalier avec la compagnie de cirque équestre EquiNote, qui doit y rester trois semaines, pour les patients et le grand public. L’idée, c’est de proposer des rendez-vous pour tous les âges, des enfants aux seniors.

Quel regard portez-vous sur la place accordée à la culture ?

Je trouve triste de fermer les robinets dans des domaines qui pourraient apaiser les tensions. C’est peut-être mon côté bisounours ! La musique est mon échappatoire : quand je suis énervée, je mets mon casque. Pour faire vivre la culture, il faut de l’imagination, s’ouvrir aux autres, chercher des solutions et négocier.

Vous avez aussi célébré des mariages. Qu’avez-vous ressenti ?

Une grande fierté et beaucoup de stress ! C’est la mairie qui officialise l’union. J’en ai célébré quatre ou cinq. Mais dès que je vois quelqu’un pleurer, je pleure avec, alors cela n’aide pas !

La culture, au fond, qu’est-ce que c’est pour vous ?

C’est s’ouvrir aux autres. C’est par ce chemin que l’on peut fédérer et créer des liens. Quand on chante, qu’on dessine, qu’on joue de la musique ou qu’on peint, on s’évade. On se met dans sa bulle et on oublie.

Son menu idéal 

Apéritif : Gewurztraminer accompagné de sticks, de bretzels ou de kougelhopf sans raisins

Entrée : Tarte flambée

Plat : Bouchées à la reine

Fromage : Ribeaupierre au fenugrec

Dessert : Tarte au fromage blanc

ses préférences

Un livre : L’Histoire d’Helen Keller, offert par sa sœur dans l’enfance.

Des chanteurs : M. Pokora et Céline Dion.

Un film : Love Actually.

Une série : Friends.

Un plat : Les bouchées à la reine.

Un restaurant : La Table de Jean-No, à Holtzheim.

Un lieu : New York, où elle n’est jamais allée.

Un personnalité : Martin Luther King pour son fameux discours I have a dream.

 repères

2014 : Naissance de son fils Matéo.

2018 : Naissance de son fils Rafael.

Juillet 2025 :  Installation à Erstein.

28 mars 2025 : Devient adjointe à la culture, au patrimoine et à la communication.

15 mai 2026 : Célèbre son premier mariage.

Août 2026 : Rejoint le centre hospitalier d’Erstein.

ARTICLES SIMILAIRES
- Publicité -

LES DERNIERS ARTICLES

- Publicité -
SELESTAT