lundi 26 janvier 2026
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Céline Wolfs-Murrisch : La directrice des maires

Depuis plus de trente ans, elle accompagne les élus locaux. Même si elle n’a pas de mandat, elle est aussi au service du citoyen, en tant que directrice de l’Association des Maires du Haut-Rhin. Formation, conseil, et soutien face aux difficultés rencontrées, cette association apolitique est un support important pour les maires de France. Une structure d’autant plus nécessaire que les agressions et démissions de maires sont légion ces dernières années. À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, Maxi Flash en a parlé avec Céline Wolfs-Murrisch.

Pouvez-vous nous présenter l’Association des Maires du Haut-Rhin ?

Elle existe depuis 1930. Nous apportons aux élus un service au quotidien d’aide à la gestion de leur commune ou de leur intercommunalité. Ils viennent vers nous pour toute demande de conseil, que ce soit juridique ou sur de la gestion.

Ensuite il y a une veille réglementaire et législative. C’est important d’être bien informé pour éviter d’être mis en cause. Il y a également des réunions d’information et des animations sportives. On a par exemple fait des tournois de football, des entraînements de pétanque.

Enfin, l’autre point important, c’est la formation des élus. Sur du juridique et parfois un peu au-delà, comme sur la prise de parole en public. Ce sont aussi des moments de rencontre et d’échange. Ça leur permet de se rendre compte qu’ils ont les mêmes problématiques, qu’ils ne sont pas seuls. Quand on est maire, l’intérêt général prime. Les élus sont en première ligne. Quand il y a un souci dans une collectivité, on va voir le maire.

Justement, les maires représentent 64% des élus agressés. Près de 2 200 ont démissionné depuis 2020, une vague sans précédent. Comment expliquez-vous cela ?

On a eu des retours, les gens se lâchent avec des agressions physiques ou verbales.

C’est notamment pour ça que nous avons des formations pour apprendre à gérer les conflits, avec la gendarmerie. Comme je vous le disais, le maire est la première porte d’entrée des citoyens. Il y a vraiment une attente très forte à leur encontre, de plus en plus grande.

Mais ces derniers connaissent leurs problématiques. Eux aussi en ont, d’ailleurs : la baisse des dotations, des moyens financiers réduits. C’est une fonction qui est chronophage également. Être maire, c’est passionnant mais ça demande du temps. Il faut en prendre sur la vie professionnelle ou sur la vie privée. Je pense que c’est aussi pour ça que certains élus hésitent ou partent.

C’est sûr, c’est compliqué d’être maire. Mais malgré ça, on sent toujours cette volonté d’agir, cette affection pour les citoyens et la commune.

« Quand on est maire, l’intérêt général prime. Les élus sont en première ligne »

Donc vous n’êtes pas inquiète qu’un manque de candidats se fasse ressentir ?

Non. La commune et l’intercommunalité, ce sont quand même les échelons qui permettent de mettre en place des services publics de proximité, comme les activités extrascolaires, scolaires, la culture, l’environnement.

C’est comme cela que se créer le lien social entre les administrés. La commune, c’est le premier échelon de la proximité, le coeur battant de la démocratie locale.

« La commune, c’est le premier échelon de la proximité, le coeur battant de la démocratie locale »

Céline Wolfs-Murrisch

Et dans tout ça, quel est le rôle de la directrice de l’Association locale des Maires ?

Sous l’impulsion du président, du bureau et du comité, ma mission c’est déjà toute la gestion administrative de l’association. J’ai une maîtrise en droit privé, donc je suis également à même de répondre aux diverses questions juridiques. Nous sommes deux juristes ici.

Ensuite, je m’occupe de trouver les thématiques des plans de formation, du bulletin. Mon rôle, c’est également d’écouter, de relayer les inquiétudes des élus auprès des parlementaires. Et surtout, je suis constamment à l’écoute et dans l’accompagnement. Ça fait 32 ans que je suis à l’Association des Maires. Je pense que maintenant, j’arrive à voir, à savoir, à les orienter.

Vous n’avez aucun mandat d’élu. Comment êtes-vous arrivée à ce poste ?

J’ai toujours voulu travailler dans le collectif. J’ai d’abord fait la fac de droit à Strasbourg. Ensuite, j’ai enchaîné avec un stage en cabinet au conseil départemental du Bas- Rhin. J’ai tout de suite senti que le droit des collectivités était passionnant.

Après, j’ai fait un stage au cabinet d’Edmond Gerrer, ancien maire de Colmar. Quand ce poste à l’association s’est libéré, j’étais au cabinet où le courrier a été envoyé. C’est par ce concours de circonstances que j’ai commencé, en juin 1993. Accompagner les élus, c’est fantastique. Je n’ai pas hésité du tout.

En 32 ans, je n’ai côtoyé que des gens bienveillants parce que je pense que, quand on est élu, on a cette ouverture à l’autre et ce don de donner. Depuis, je me dis chaque année qu’il faut apporter quelque chose de plus aux élus.

Alors en 2026, qu’allez-vous apporter de plus ?

Je vais bien accompagner les élus dans leur prise de fonction. Les 18 et 19 juin, nous aurons les Universités des nouveaux élus, avec Mairie 2000. On va traiter de diverses thématiques, l’actualité, tout ce qui est budget, marché public. Ce sont des choses très techniques mais que les élus doivent aborder très rapidement pour éviter les écueils.

Céline Wolfs-Murrisch

En 2020, le niveau de participation aux élections municipales n’a atteint que 41,6% à l’échelle nationale. Qu’avez-vous envie de dire aux électeurs pour les pousser à aller voter ?

J’aimerais leur dire que c’est à l’échelle communale que les décisions ont le plus d’impact sur la vie quotidienne. C’est là qu’on peut agir concrètement et collectivement.

À l’association, on se rend bien compte que, lorsqu’il est question d’agir pour sa commune, pour le quotidien, pour le bien vivre, pour ses enfants, les gens arrivent à se mobiliser. Il y a une envie de participer. Et il faut traduire cette envie concrètement.

Donc il faut aller voter et montrer que c’est possible d’avancer au niveau local. Allez voter car le résultat aura une implication sur la vie quotidienne.

Pour terminer, c’est d’autant plus important d’aller voter que cette année est particulière, avec des listes qui doivent être paritaires pour toutes les communes.

Le chiffre

366

C’est le nombre de communes que compte le Haut-Rhin. Toutes sont membres de l’Association des Maires locale.


Repères

  • 1993 : Prise de poste à l’Association des Maires du Haut-Rhin
  • 1997 à 2000 : Naissance de ses deux enfants et son mariage
  • 2014 : Élection au conseil municipal de Colmar et à Colmar Agglomération
  • 2024 : Obtention d’un DU du Droit Local à Strasbourg

Ses préférences

  • Un film : L’As des as de Gérard Oury
  • Une autrice : Agnès Ledig
  • Un plat : L’endive braisée
  • Un endroit hors d’Alsace : Grasse
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