lundi 5 octobre 2026
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MUNCHHOUSE I L’Alsace, une terre truffée de champignons

C’est un fait peu connu, mais la truffe made in Alsace existe. Une filière de cet or noir et gourmand se développe. Elle a même une association, et un président, Bernard Vonflie.

L’association Truffes d’Alsace a été créée fin 2019. À sa tête, un passionné autodidacte, Bernard Vonflie. Son histoire débute un jour de 1982. Avec le comité de l’entreprise dans laquelle il travaille, il goûte du foie gras truffé : « Absolument fabuleux », se souvient-il sourire aux lèvres. Une découverte qui lui a donné goût à la truffe. L’année suivante, rebelote. Mais cette fois, « la truffe n’avait aucun goût. Alors j’ai dit : si c’est comme ça, je plante ma truffe moi-même ». Et il l’a fait. Ce Munchhousien a planté ses premiers arbres et réalisé ses premières inoculations à la truffe dans son village. Aujourd’hui, il dispose de trois truffières.

Depuis les années 1990, c’est de plus en plus difficile

UNE FILIÈRE JEUNE FACE AU DÉFI DU CLIMAT

Pour trouver le sésame, Bernard Vonflie peut compter sur son fidèle compagnon, Mona Lisa, sa chienne Lagotto Romagnolo, une race spécialisée. Son hyperactivité apparente cache un flair redoutable, aucune truffe ne lui échappe.

Truffe du Périgord ou de Bourgogne, il produit différentes variétés. Véritable pionnier, il a vu la filière alsacienne, encore petite, naître : « La plupart sont de jeunes planteurs qui ne récoltent pas ou qui commencent à peine. Il faudra voir dans quelques années ».

L’association compte une trentaine de membres, pour une cinquantaine de producteurs alsaciens qui, tous, subissent les affres du réchauffement climatique. Car l’absence d’eau nuit à l’apparition de truffes : « Depuis les années 1990, c’est de plus en plus difficile », se désole le président.

Un phénomène qui ne va faire que s’accentuer. Heureusement, des solutions existent, notamment la diversification des essences d’arbres plantées : « Par exemple, le noisetier est gourmand en eau. Le chêne vert, lui, est moins gourmand, mais sensible aux attaques de chenilles ».

Des conseils qu’il a mis en pratique sur son terrain. Pour les gourmands qui rêvent de goûter la truffe made in Elsass, Bernard Vonflie fournit depuis 30 ans le restaurant La Closerie à Illzach.

UNE BONNE TRUFFE SELON BERNARD VONFLIE

« Il faut qu’elle soit ferme, qu’elle sente bon. Il faut que la chair soit bien marbrée. Des gens n’aiment pas le goût. Mais c’est parce qu’ils sont tombés sur une mauvaise truffe (rires) ».

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