AccueilÀ la uneFrédéric Schalk, le prof qu’on aurait aimé avoir

Frédéric Schalk, le prof qu’on aurait aimé avoir

Après trente ans au collège du Bernstein, le professeur de musique a pris sa retraite. Des comédies musicales au Cup Song vu dans le monde entier, il a fait des projets collectifs un moteur pour ses élèves.

Au collège, certains chantaient, d’autres géraient le son, les lumières ou le maquillage. Pour Frédéric Schalk, chacun avait sa place : « J’ai toujours eu comme point d’honneur de faire participer les élèves au maximum aux projets », explique-t-il. Tromboniste depuis l’adolescence, il a grandi dans une famille de musiciens. Transmettre cette passion passait par la pratique et la confiance. Dès 2000, les comédies musicales se succèdent, avec décors et costumes fabriqués au collège. Deux CD de Noël, enregistrés en 2007 et 2009, permettent aussi de financer les voyages scolaires. Quelque 4 500 exemplaires sont vendus. Pour chaque disque, huit euros contribuent au financement du voyage scolaire de l’élève qui le vend. De quoi valoriser leur travail et laisser des souvenirs : « Les choses dont les élèves se souviennent, ce sont les gros projets, les concerts, les sorties, les voyages », rappelle le professeur.

Frédéric Schalk avec le trophée des Schwälmele (hirondelles), décerné en 2022 par l’Office pour la Langue et les Cultures d’Alsace et de Moselle. / ©DR

Des gobelets aux vocations

 Le 21 juin 2014, la cour du collège devient un plateau de tournage. Les élèves chantent et frappent leurs gobelets en rythme : c’est le Cup Song. La vidéo approche les douze millions de vues sur YouTube. Le succès traverse les frontières. Les services éducatifs du Queensland, en Australie, lui demandent même l’autorisation de diffuser la vidéo en classe. Après les restrictions liées au Covid, une version en alsacien redonne aux collégiens l’occasion de créer ensemble. L’Elsass Cup Song devient une carte postale musicale de la région, récompensée aux Hopl’Awards. Certains anciens élèves se sont dirigés vers les métiers de la scène ou de l’événementiel. Deux d’entre eux ont créé leur entreprise, et leur ancien professeur leur prête encore main-forte. Pour son départ, une chanson et une haie d’honneur l’ont ému : « Je ne m’y attendais pas du tout », se souvient-il. Les liens avec ses anciens élèves lui font mesurer ce que le métier lui a apporté : « Souvent, on attend un retour immédiat des élèves, on ne l’a pas forcément tout de suite, mais au bout de quelques années, ça revient au centuple », confie-t-il.

l’info en plus

Contacté par La France a un incroyable talent, Frédéric Schalk a préféré renoncer à l’émission plutôt que de sélectionner une partie des élèves de sa chorale.

ARTICLES SIMILAIRES
- Publicité -

LES DERNIERS ARTICLES

- Publicité -
SELESTAT