Ces trois séries de tableaux de Camille Claus viennent de l’église du Christ ressuscité, à l’Esplanade de Strasbourg. Quel était le rapport de Camille à la religion ?
Luc Dornstetter : Il a toujours été très croyant mais aussi très torturé, il a lu les mystiques du Moyen Âge, rencontré des moines bouddhistes ou des pasteurs tout en restant catholique. Mais cette partie de sa personnalité n’est pas connue… Il y a huit lieux de culte dans le Bas- Rhin avec des oeuvres de Camille, cela devient une composante importante de son travail, qui n’apparaît généralement pas dans les expositions.
Les dessins ne sont ni torturés ni sombres, rien ne prédit sa fin ?
LD : Non, sur quelques derniers autoportraits, il a l’air très fatigué, un peu hagard. Il se plaignait de fatigue dans son journal, il ne s’était jamais ménagé, un fou de travail ! Et la guerre, quinze années de galère, ce n’est qu’à partir des années 60 qu’il a une certaine stabilité… Curieusement, c’est à ce moment-là qu’il commence sa dernière période avec des dessins très composés, très simplifiés, ses recherches de nuances de couleurs, ce qu’on connaît le plus de Camille.
Globalement, quel héritage laisse-t-il ?
LD : C’était un excellent professeur, il a eu plus de mille élèves à la HEAR, il avait le souci de la pédagogie, mais c’était aussi un grand humaniste sur le plan personnel et éthique. Il a une niche toute particulière dans la deuxième moitié du 20e siècle, et par sa personnalité et par son travail.
Pascklin : Et tous ces gens qu’il connaissait, poètes, écrivains, il a illustré pour les autres, même une pochette de disque, et il offrait ses dessins ! D’où le travail indispensable pour faire vivre sa mémoire.
L’info en plus
Le 7 février, Journée Camille Claus à la découverte de ses oeuvres monumentales en bus, suivie le 10 février à 18h d’une conférence de Jean-Louis Mandel sur ses oeuvres sacrées. Renseignements sur Facebook île du peintre Camille Claus.



