Antoine l’Alsacien est chanceux : il rencontre Manon la Picarde à Reims et l’embarque avec bagages à Strasbourg où ils passent 6 ans. Manon au service marketing d’un groupe de restauration pendant qu’Antoine fait ses classes dans diverses maisons strasbourgeoises.
Ensemble, ils décident de rejoindre Colmar tout près de son Wintzenheim natal pour reprendre un restaurant. Manon excelle en parfaite hôtesse dans leur nouvel établissement, pétrie de gentillesse et de compétences, elle est aux petits soins des clients. Antoine cuisine et veille en même temps sur la salle derrière une sorte de vasistas vitré.
La carte des vins fait la part belle aux jeunes vignerons alsaciens et s’ouvre aussi vers quelques vins autrichiens d’où est originaire la famille de Manon. Colmar retrouve ici un lien habsbourgeois.
En cuisine, Antoine fait des merveilles à prix doux, la formule du jour est remarquable avec le choix entre deux entrées et deux plats à 23 €. L’un des plats, le curry de légumes et riz, est végétarien. L’autre, original, est une bolognaise de biche sur tagliatelles, carottes et oranges. Tout est savoureux, frais et surtout très végétal, dans l’air du temps.
Cela démontre une belle maîtrise avec la présentation de jolies assiettes. La griffe culinaire est posée, Matoine fait oublier le Petit Bidon. On est à la fourchette haute de l’abordable en guise de plat du jour, mais dans le registre de très bonne facture ! Ce fut un déjeuner d’affaires et nous n’étions point dérangés pour travailler et échanger. Faudrait peut-être penser à installer un réseau Wifi pour les clients, c’est toujours apprécié.
Pour la petite histoire
Colmar était le poste avancé de l’Autriche Antérieure. Une charte de franchise (Freiheitsbrief) est accordée en 1278 par Rodolphe de Habsbourg, à qui les bourgeois colmariens ont envoyé douze tonneaux de leur meilleur vin !
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Chronique rédigée par Annette et Bernard Kuentz




