Depuis 2018, les « Marches contre les violences » du collectif Nous toutes rassemblent nationalement et petit à petit, essaiment localement. « Les antennes régionales adhèrent à la charte nationale, peuvent utiliser les affiches ou les actions proposées, mais tout est décentralisé », expliquent Eugénie, 26 ans, et Marie-Julie, 39 ans. Elles sont venues renforcer Nous toutes 68 après le premier rassemblement à Colmar en novembre 2024, marqué par « des chants, des discours et des pancartes imposantes. L’idée est d’investir l’espace public, se faire entendre et voir, et d’organiser une minute de silence en femmage ». Cet hommage aux femmes victimes de féminicides montre « notre volonté de se réapproprier le vocabulaire. Le mot femmage est commun à toutes les associations féministes », rappelle Marie-Julie.
En novembre 2025, Nous toutes 68 organise sa première marche pour la Journée internationale contre les violences sexuelles, sexistes et de genre, « cite les 145 noms des victimes de féminicides, soit une tous les deux jours, et dépose symboliquement 145 paires de chaussures devant le tribunal », se souvient Eugénie. Pour le 8 mars, le collectif est allé poser des questions au public. « Malheureusement, nous ne sommes pas formées à aider les victimes, concèdent les jeunes femmes. Dans le collectif, des personnes ont aussi subi des violences, donc recevoir des témoignages aussi abruptement peut être violent. On n’a pas d’hébergement d’urgence par exemple, mais on peut réorienter les gens ».

DES ACTIONS TOUTE L’ANNÉE
Cette année, elles seront présentes à Colmar le samedi 7 mars au marché Saint-Joseph « afin de sensibiliser à travers des quiz et différents supports ». Le 8 mars, place à la conférence gesticulée de Mona Gatto, Travail, famille… partie ! à 14h au foyer Sainte-Marie. Enfin le 10 mars, à la salle Europe pour la pièce Requin Velours, Nous toutes 68 tiendra un stand. Évidemment, le combat ne s’arrête pas aux journées internationales : « On essaie de mener des actions toute l’année sur les réseaux sociaux et d’organiser des débats ». Un cercle de lecture féministe et un apéro féministe ont également lieu chaque mois. Car « l’égalité dans la loi, ce n’est pas celle dans la vie réelle, appuie Marie-Julie. Il y a encore énormément de choses à faire ».




