L’UFC Que Choisir s’est implantée à Mulhouse en 1973, à Colmar en 1977. Pensez-vous être suffisamment connu des consommateurs ?
Non, nous manquons de notoriété. Beaucoup des antennes locales d’UFC Que Choisir ont plus de 1000 adhérents. Nous, on plafonne à 400. Donc nous essayons de développer notre visibilité. Néanmoins, on est quand même en dynamique. Ces dernières années, on a développé nos activités, créé certaines qui n’existaient pas.
Quelles sont les missions de l’antenne haut-rhinoise ?
Que Choisir est la première association de consommateurs de France.
Nous les représentons, nous les défendons, en promouvant des lois. Le grand public connaît surtout les tests et l’aide juridique. Mais il y a bien d’autres actions. Localement, on va faire le relais des actions nationales, informer les consommateurs. En 2025, nous avons ainsi rendu visibles sur le terrain les campagnes nationales sur les PFAS (NDLR : Polluants éternels). Il y a eu une loi pour limiter les PFAS dans la fabrication de différents objets.
Notre bénévole responsable des campagnes politiques s’est formé sur le sujet et il a eu des rendez-vous avec deux sénateurs qui souhaitaient être informés sur la chose. Ensuite, nous avons aussi œuvré pour faire connaître notre application, QuelProduit. Elle permet aux consommateurs de scanner leurs produits pour voir s’il n’y a pas de substances indésirables. On est allés à trois reprises sur des parkings pour ça.
En janvier, vous avez également relayé une campagne nationale sur la pollution de l’eau.
Exactement, et c’est très important d’en parler. La campagne « La goutte de trop » dit que nous sommes les « pollués-payeurs ». Car malheureusement, il faut le savoir, toute l’eau dans la nature est polluée par des nitrates et des pesticides. Au robinet elle arrive potable parce qu’elle est passée par des usines de dépollution. La taxe que vous avez sur votre facture d’eau sert à financer cela, alors que vous n’avez pas pollué l’eau à la source. Nous sommes donc les pollués-payeurs. Ça fait très longtemps qu’UFC Que Choisir plaide pour que les pollueurs, comme les industriels, soient les payeurs. Dans le Haut-Rhin, nous sommes allés faire signer des pétitions.
« En démocratie, les contre-pouvoirs sont nécessaires. C’est cela qui m’anime »
Existe-t-il des problématiques typiques au Haut-Rhin ?
Oui, il y en a. Notamment les PFAS de Saint-Louis. On a été sollicités par l’ADRA, Association de Défense des Riverains de l’Aéroport de Saint-Louis, qui a donné l’alerte sur ce sujet. Mais pour mener à bien cette thématique, comme d’autres, il faut qu’on se développe et qu’on augmente notre nombre de bénévoles.
Justement, quels sont vos projets pour 2026 ?
Ils sont essentiellement axés sur la communication. Et c’est là que vous allez avoir un scoop : l’association va changer de nom. Parfois, quand on cherchait UFC sur Google, on trouvait autre chose, en rapport avec les sports de combat. Plus grand monde ne sait ce que ça veut dire. Donc nous allons devenir : Que Choisir Ensemble. On va essayer d’organiser à notre petit niveau une campagne d’affichage. Sinon, l’autre axe de 2026, c’est aller à la rencontre des jeunes. On a notamment un projet de venue dans les écoles et dans les établissements de formation. Pour eux, on a instauré une adhésion à 6 euros au lieu de 32.

En parlant d’adhésion, comment avez-vous intégré l’association ?
Alors déjà, il faut savoir que je ne viens pas d’Alsace. Vous avez peut-être entendu mon accent du Sud-Ouest (rires). Je suis mariée à un Alsacien, et je suis arrivée ici en 2014. Mais je suis lectrice de la revue Que Choisir depuis très longtemps. Ce sont des questions qui m’intéressent. Je disais à des amis : « Quand je serai à la retraite, je ferai de la politique. Je serai bénévole pour UFC Que Choisir ! ». C’est de la politique au bon sens du terme. C’est peser sur la société de manière à essayer de la faire évoluer dans le sens que je souhaite.
Et cette question de la consommation me paraît essentielle parce qu’elle est liée à l’environnement. J’ai adhéré en 2018 avec une autre personne. On nous a dit : « L’association va fusionner avec le Bas-Rhin, parce que le couple secrétaire-trésorière est parti ». On a trouvé ça dommage et la personne avec laquelle je suis arrivée, est devenue secrétaire. Moi, je suis devenue trésorière, puis présidente en 2023.
Aujourd’hui, en tant que présidente, que représente cette association pour vous ?
UFC Que Choisir, c’est peser, essayer de faire évoluer les choses dans le sens que l’on souhaite. Je souhaite développer l’association locale, c’est pour ça que je reste. Certains viennent en disant, comme moi : « je souhaite faire partie d’un contre-pouvoir ». En démocratie, les contre-pouvoirs sont nécessaires. C’est cela qui m’anime.
« C’est de la politique au bon sens du terme »
Qu’avez-vous envie de dire aux Haut-Rhinois pour les pousser à vous soutenir ?
Déjà, j’ai envie de leur dire qu’on peut énormément les aider par nos connaissances sur la consommation, surtout via le site quechoisir.org. La consommation, ce n’est pas que choisir sa cafetière. C’est aussi la santé, la qualité de l’eau, de l’air, les services bancaires. Sur quechoisir.org vous trouverez des réponses approfondies. Il y a aussi les rendez-vous conso, des ateliers participatifs sur des thèmes tels que consommation responsable, pièges et arnaques. On peut avancer dans le bon sens. Nos actions servent à quelque chose.
LE CHIFFRE
200 000
En euros, c’est ce que touche en subvention UFC Que Choisir, sur un budget de 30 millions d’euros. L’association se finance surtout via sa revue et son site.
Repères
- 1981: Rencontre avec son mari alsacien au Burkina Faso
- 1990: Reconversion en professeure des écoles
- 2014: Déménagement de Bordeaux à Riedisheim
- 2019: Élection au bureau de UFC Que Choisir Haut-Rhin
Ses préférences
- Un film : Dites-lui que je l’aime, de Romane Bohringer
- Un auteur : Tolstoï, « Balzac, Stendhal, comment choisir ? »
- Un genre musical: La musique baroque
- Un endroit hors d’Alsace : Bordeaux



