lundi 20 juillet 2026
AccueilÀ la uneAuguste Ott - Le maire militant

Auguste Ott – Le maire militant

Chez les Ott, la politique, c’est de famille. Fils du député Hubert Ott, Auguste Ott a été largement élu à la mairie de Rouffach. Également président de la communauté de communes, il entend préserver le patrimoine et végétaliser sa ville. D’assistant d’un parlementaire européen à conseiller de François Bayrou à Matignon, il aurait pu continuer son parcours dans les élites. C’était sans compter son attachement à l’Alsace. Le membre du MoDem se veut homme de terrain, proche des administrés. Passionné d’histoire, intarissable sur « la ville des sorcières », il entend s’inscrire durablement à la tête de la commune. En ce début de premier mandat, il s’est confié à Maxi Flash dans son nouveau bureau, face à la majestueuse église Notre-Dame-de-l’Assomption.

Vous avez 30 ans et êtes entré en politique assez jeune après des études de droit. D’où vous vient cette appétence ?

C’est la blague de Coluche : « Un homme politique, c’est 5 ans de droit et tout le reste de travers» (rires). La première explication est familiale. Mon père a été élu municipal à partir de 1995, jusqu’à devenir député en 2022. Je suis un peu tombé dans la marmite. Donc j’ai toujours été attentif, intéressé par ça. L’autre explication, c’est mon investissement autour de l’ancienne équipe d’opposition conduite par mon père, pour laquelle j’ai été directeur de campagne. D’autre part, j’ai fini par adhérer à un parti politique, le Mouvement Démocrate (MoDem), en 2017. Puis je suis devenu président national du mouvement jeunesse du MoDem en 2020.

Par la suite, vous êtes devenu collaborateur parlementaire, avant de conseiller François Bayrou ?

Exactement. Pendant la campagne des européennes en 2019, dans le Territoire de Belfort, Christophe Grudler a été élu. Il m’a dit qu’il cherchait quelqu’un pour ouvrir une permanence à Belfort et gérer ses relations. J’ai accepté le job. Après, il y a eu le Sénat, en 2022. J’ai appris à connaître les cercles militants dans le Haut-Rhin, notamment pendant les campagnes présidentielles et législatives. C’est comme cela que j’ai rencontré la sénatrice Patricia Schillinger. Elle m’a recruté. Mais dans mon parcours, ce qui a vraiment mis un coup de projecteur, c’est la présidence nationale des jeunes du MoDem. Je suis entré au bureau exécutif, j’ai fréquenté des figures politiques, j’ai découvert François Bayrou. Il a fini par faire appel à moi quand il était à Matignon. Ça m’a donné une connaissance de la manière dont les choses sont arbitrées côté gouvernement.

Pour François Bayrou, ainsi qu’au Sénat, vous avez été en charge des relations avec les élus locaux. C’est une thématique qui semble revenir souvent.

Vous savez, quand je suis arrivé à la mairie, j’ai dit aux agents : « Moi, je devrais être l’un des vôtres ». Mon objectif quand j’étais étudiant, c’était de passer les concours de la fonction publique territoriale. Depuis les premiers actes de décentralisation sous Mitterrand en 1982, on n’a pas arrêté de donner des responsabilités aux collectivités. Je trouve que c’est l’échelon qui est vraiment passionnant. On est au contact des gens. C’est aussi l’échelon de l’action publique, où l’on investit le plus dans l’économie réelle. J’ai voulu devenir maire de Rouffach parce que je considère que c’est le plus beau mandat du monde. Avec mon père engagé en politique, je me suis toujours dit que je n’aurais jamais ma place tant qu’il serait en piste. Puis, en 2022, quand il devient député, l’équipe qui l’entoure s’est tournée vers moi. Dès 2024, on a lancé la préparation de la campagne.

Ça vous a aidé d’avoir un père aussi impliqué dans la vie politique ?

Ah oui, complètement, c’est une chance. Je pense qu’on est très différents. Lui n’est pas un technicien de la politique. C’est un militant. Moi, c’est le même parcours, mais dans l’autre sens. Je me destinais plutôt à une carrière de fonctionnaire et je suis allé vers le militantisme et l’engagement électoral. Aujourd’hui, je considère que je suis un militant. J’exerce mon mandat dans cet esprit. Je ne serai pas maire toute ma vie, mais je serai un militant jusqu’à la fin. Pour en revenir à mon père, il a été très aidant dans cette campagne sans jamais s’imposer. C’est une histoire de famille qui tourne bien.

Pour votre première élection, vous avez été élu avec plus de 65 % des voix. Comment expliquez-vous un tel plébiscite ?

Déjà, la campagne a été globalement très respectueuse. On l’a préparée des années en amont. En matière de méthode, on n’a pas commencé par la liste, mais par le programme. Ça a permis d’investir des gens qui ne voulaient pas être candidats, mais qui étaient prêts à apporter leur expertise, leurs idées, puis de confirmer des colistiers en fonction des personnes présentes aux réunions. À la mi-janvier, je me suis mis en congé sans solde et j’ai fait tout Rouffach, en porte-à-porte. Il n’y a pas une sonnette de la ville sur laquelle je n’ai pas appuyé (rires). La campagne de terrain a été déterminante. Les gens ont vraiment eu le sentiment d’être écoutés, entendus, avec franchise. Je m’étais dit que si je passais les 55 %, ce serait un beau score.

La victoire signifie aussi que le programme a séduit. Quels sont les grands chantiers de votre mandat ?

Il y a des choses du quotidien, comme la prime d’acquisition du permis de conduire, des mesures de pouvoir d’achat très classiques. L’un des projets phares, c’est le site des Récollets, magnifique, unique. C’est un ancien couvent monacal des Franciscains, avec une église splendide, des jardins monacaux au cœur de la ville. On a une belle page verte à écrire. L’idée, c’est d’en faire un parc public avec un projet arboricole. Sinon, de manière générale, il y a une ambition patrimoniale. On est dans une ville chargée d’histoire avec une fresque complète de l’histoire du bâti. Vous le voyez, j’ai de quoi m’occuper à Rouffach pour 10 ou 15 ans (rires). Il ne faut pas faire les mandats de trop, mais pour mener à bien ces projets, j’aurais besoin de la confiance des électeurs sur un second, voire un troisième mandat.

L’info en plus : L’avis d’Auguste Ott sur l’éventuelle sortie de l’Alsace du Grand Est : « Il faut regarder à quelle échelle les compétences sont les mieux exercées et respecter les logiques de bassin de vie. Et la vérité, c’est que l’Alsace est un bassin de vie en soi. Donc je suis complètement favorable à cette sortie ».

 

ARTICLES SIMILAIRES
- Publicité -

LES DERNIERS ARTICLES

- Publicité -