L’avenir
Nous sommes le 23 avril 1957. Albert Schweitzer lance un appel contre la prolifération des essais nucléaires. « C’est maintenant seulement que toute l’horreur de notre existence se révèle à nous ». Le Prix Nobel de la Paix plaide en faveur d’un accord mondial : « Déjà, des expériences sur une grande échelle ont montré qu’elles pouvaient provoquer des catastrophes, menaçant l’existence même de l’humanité ». Quelques années auparavant, en 1954, au moment de recevoir son prix Nobel, Albert Schweitzer avait déjà mis en garde l’humanité contre les dangers de la bombe atomique.
« Les forces énormes libérées par la désintégration de l’atome et de leur utilisation ; la capacité de destruction d’une bombe chargée d’une force de ce genre devenait incalculable ». Le 23 avril 1957 Radio Oslo a donc diffusé l’appel à l’humanité d’Albert Schweitzer. Un appel relayé par 150 stations de radio dans le monde. Le docteur Schweitzer décrit en détail l’histoire des essais nucléaires, leur puissance et leurs effets à court ou long terme. Il conclut : « Nous sommes obligés de considérer que toute aggravation du danger actuel provoqué par le développement d’éléments radioactifs libérés par les explosions de bombes atomiques constitue un malheur pour l’humanité, malheur que l’on doit à tout prix empêcher ».
En Allemagne l’appel de Schweitzer divise. L’opposition socialiste rend hommage à l’apôtre de Lambaréné, la presse des milieux gouvernementaux condamne cette intervention jugée dangereuse et naïve. Albert Schweitzer ne plie pas. L’année suivante, en janvier 1958, il lance trois nouveaux appels contre l’armement atomique. Ils sont à nouveau diffusés par radio Oslo. Schweitzer signe aussi, avec d’autres lauréats du prix Nobel, un message destiné à l’ONU. Le texte réclame la conclusion d’un accord international pour mettre fin aux expériences nucléaires.
Un premier traité d’interdiction partielle des essais est signé le 5 août 1963 à Moscou. C’était moins d’un an après la crise des missiles de Cuba au cours de laquelle la planète a été tout près d’une guerre atomique.
Cette chronique est la dernière de la série proposée par Francis Guthleben autour du 150e anniversaire de la naissance d’Albert Schweitzer. Toute l’équipe de Maxi Flash remercie chaleureusement l’auteur pour ces longues semaines de textes, tous plus intéressants les uns que les autres. Pour aller plus loin, une visite au Musée Schweitzer de Gunsbach et la lecture de Mon Schweitzer (Éditions Reber) et de Albert Schweitzer intime (Éditions AISL) s’imposent. Albert Schweitzer, Prix Nobel de la Paix, était un grand homme, il reste dans la mémoire de l’Alsace et du monde libre.
Retrouvez l’ensemble des articles sur Albert Schweitzer : L’année Schweitzer
Chronique rédigée par Francis Guthleben





