8h00
Une fois à Herrlisheim-près-Colmar, je me dirige vers la voie de chemin de fer. Impossible de rater la confiserie et son grand bâtiment, avec son ancien nom sur le toit : Dragées Adam. Comme un hommage à son passé. Le soleil commence à briller. Je me gare sur le parking, le magasin n’est pas encore ouvert. Je me dirige de l’autre côté, vers la partie administrative. Là, à l’étage, je suis reçu par la patronne, Aude Adam Tschaen. Les bureaux s’animent, grouillent d’activité. Comptabilité, gestion, commercial, qualité, marketing, graphisme, tout est géré en interne. Elle me conduit dans son bureau au pas de course. Une fois installée face à des sachets de dragées et des piles de dossiers, elle me conte l’histoire de son entreprise.
Tout a débuté en 1912, lorsque son arrière-grand-père a créé une dragerie. En 1957, la société, désormais dirigée par son grand-père, déménage à la périphérie du village, dans un nouveau bâtiment, toujours le même qu’aujourd’hui. Dès 1985, c’est au tour de son père de prendre la suite. Sa maman lui a succédé en 1999 : « J’ai toujours dit depuis petite : un jour je reprendrai l’entreprise. Très vite, j’ai donné un coup de main. Je suis arrivée en 2007. Ma maman a pris sa retraite en 2014 », retrace-t-elle. Depuis, elle a été rejointe par son mari. Au total, Confiserie Adam compte 30 salariés.
Parmi eux : les équipes de production, arrivées à partir de 6h30. Elles préparent les douceurs sucrées qui font la renommée de la confiserie, avec un savoir-faire artisanal : « Une dragée, on met 8 à 10 heures pour la faire », révèle-t-elle. Une fois prête, la dragée passe aux équipes de tri et de conditionnement : « Elles vont trier à la main, enlever les défauts. On a essayé d’automatiser, mais il n’y a rien de mieux que l’œil humain ». Vient ensuite l’emballage. Dans une journée type, un dragiste va passer ses 8 heures à fabriquer. Idem dans la partie chocolaterie.

9h00
Le magasin ouvre, les premiers clients arrivent. Le rythme est intense. La Confiserie produit environ 650 tonnes par an. Auparavant, le magasin a représenté jusqu’à 90% du chiffre d’affaires. Dorénavant, c’est 10% : « On a une dizaine de commerciaux en France. Nos clients types, ce sont les boutiques de fêtes, les épiceries fines, les grandes surfaces… ». Mais le magasin continue d’attirer : « Dans la région, on est connus, c’est vrai. Avant, c’était Dragées Adam. On a changé le nom en 2014 », rappelle Aude Adam Tschaen.
Cela illustre leur diversification, car ils ne font pas que des dragées. Ils font aussi des noisettes et des fruits au chocolat, entre autres. La confiserie innove aussi au niveau des goûts, comme au tiramisu : « En fait, on s’adapte aux tendances », dit-elle en me montrant un paquet d’amandes, sur son bureau.

14h00
Après une pause bien méritée, les employés retournent à leurs postes. Le magasin rouvre ses portes. La cadence ne faiblit pas, il faut produire de façon quasi constante, la saisonnalité est de moins en moins prégnante : « Le chocolat a ce côté festif et réconfortant, surtout dans une période comme la nôtre. Plus les années passent, moins on a de saisonnalité ». Une demande d’autant plus forte que la Confiserie Adam est l’un des quatre derniers dragistes de France, le dernier en Alsace.

18h00
La fin de journée approche. Les équipes de production sont parties aux alentours de 15h. Les dragées sont maintenant en phase de séchage, durant une nuit entière. Les employés des bureaux partent un à un. Le magasin fermera dans 30 minutes. À vrai dire, il ne reste plus grand monde excepté Aude Adam Tschaen : « La force de notre petite structure, c’est qu’on n’est pas cantonné à une tâche. On est amené à donner des coups de main. Parfois, je suis au four et au moulin ». Heureusement, elle habite juste en face de son usine : « Petite, je traversais la route pour venir manger ici », me glisse-t-elle en souriant à ces souvenirs.
Il est également temps pour moi de plier bagage. Lorsque je repars, un paquet de dragées dans la poche, le soleil déclinant brille toujours, et la journée est loin d’être terminée pour Aude Adam Tschaen. La cheffe d’entreprise travaille pour s’assurer que ses confiseries régaleront les gourmands encore longtemps.

©CONFISERIE ADAM
LE CHIFFRE
7
En millions d’euros, c’est le chiffre d’affaires annuel que réalise la Confiserie Adam.





