Le panneau bleu « Équestrement Vôtre » accueille les visiteurs. À l’intérieur, une femme s’active sur des selles en cuir, faisant passer son aiguille et le fil avec dextérité à travers la matière. Sarah Fallay-Rigal est sellier-harnacheur. Équestrement Vôtre, c’est son atelier, à Kaysersberg. Elle y est installée depuis un peu plus de 2 ans : « Mon métier, c’est fabriquer et réparer le harnachement pour les chevaux : bride, selle, harnais… », explique-t-elle.
Son activité se compose aussi d’une partie maroquinerie destinée à « des humains lambda qui ne sont pas forcément cavaliers », dit-elle avec le sourire. Difficile à dire comme cela, mais Sarah Fallay-Rigal n’est pas de ce secteur à l’origine. Elle est archéologue de formation : « J’ai découvert le métier de sellier-harnacheur non pas en étant cavalière, mais au travers de mon master ». Un métier qui l’a intriguée, alors elle a fait un premier stage. Il n’en a pas fallu plus : « Je suis tombée amoureuse de ce métier. Alors j’ai fait un CAP de sellier-harnacheur. On part d’une demi-peau de vache et on arrive à un objet fini, c’est absolument magique ».

DU MADE IN FRANCE À L’ANCIENNE
Quand elle fabrique, Sarah Fallay-Rigal travaille principalement du sur-mesure, de façon traditionnelle : « J’aime utiliser des outils anciens. Avec mon parcours d’archéologue, c’est quelque chose auquel j’étais vraiment attachée », affirme-t-elle. Cela se ressent jusque dans le sourcing. Elle essaie au maximum de rester sur du cuir français, notamment avec deux tanneries alsaciennes pour le veau. Même pour les boucles, elle se fournit dans la plus ancienne bouclerie de France, à Paris : « C’est cher, mais c’est important de travailler avec eux, de les soutenir, de rester dans ces valeurs-là ».
La transmission est une autre de ses valeurs centrales. Elle transmet son savoir-faire à travers des stages et des ateliers : « C’est un savoir-faire ancestral avec des outils gradués en pouces français et des gestes transmis oralement. J’accorde beaucoup d’attachement à la transmission », conclut-elle.
L’info en plus
Sarah Fallay-Rigal a aussi créé des pièces pour des bœufs, des chèvres, des lamas et des chiens guides d’aveugles.
Article issu d’un reportage TV7 Colmar




