Comment êtes-vous arrivée à la coiffure ?
Tout simplement par mon papa qui était coiffeur. Petite, j’allais souvent dans son salon, je traînais en réserve. Pourtant, je me suis d’abord dirigée vers la comptabilité. Vous savez, quand on est jeune, on se cherche. Je n’étais pas vraiment une élève des plus assidue. Alors la comptabilité m’a paru pas mal. On a voulu m’embaucher, mais l’amour du métier de coiffeuse était déjà là. J’ai donc bifurqué vers un CAP.
Par la suite, je suis entrée au salon Franck Provost. J’y suis devenue co-manager, avant de le racheter. La coiffure, c’est un métier de passion. On crée toujours quelque chose de différent et on voit beaucoup de monde. Cela donne des échanges énormes, enrichissants. En plus, on rend les gens beaux, on leur fait du bien. Les salons, c’est du bien-être en quelque sorte. Et un bon coiffeur, c’est quelqu’un qui aime son métier, tout simplement.
Vous comptez aujourd’hui trois établissements dans la même rue ?
En effet. J’ai ouvert The Barber Company, juste à côté de mon salon de coiffure. J’avais envie de me lancer là-dedans, et le local était libre, donc j’ai saisi l’occasion en 2019. Depuis janvier 2025, juste en face, j’ai ouvert Hair Spa. J’ai mon petit triangle maintenant. Et c’est vrai que, quand on a beaucoup d’établissements, généralement on ne reste plus trop au fauteuil. Mais tant que je peux, j’y reste. Parce que c’est ma passion et qu’elle ne me quittera jamais. Je ne peux pas arrêter.
« il faut être un peu chauvin et se dire : j’aide les commerçants du coin. Sinon, ils vont disparaître »
En plus de tout ça, vous êtes aussi vice-présidente de la Corporation des coiffeurs. Pourquoi vous être engagée dans cette voie ?
Parce qu’on se rend compte que l’État, petit à petit, enlève des acquis dans le métier. Donc il faut qu’on réagisse pour le protéger. La Corporation a quand même été très forte. On a depuis très longtemps une mutuelle obligatoire, alors qu’elle ne l’était pas pour un bon nombre de métiers. On avait la protection du diplôme, ce qui valorisait notre métier. Mais je trouve que maintenant, ça se perd.
Le diplôme est moins qualifié par exemple. Voilà pourquoi je me suis dit : « Je vais essayer de faire bouger les choses, pour que notre métier ne parte pas dans l’oubli, pour le sauver ». Je suis passée vice-présidente de la Corporation des coiffeurs en début d’année, après que la présidente m’a demandé, vu que je suis présidente des Vitrines de Colmar.
Vous êtes effectivement présidente des Vitrines de Colmar depuis janvier 2025. Comment cela s’est fait ?
Je faisais déjà partie du bureau des Vitrines, depuis 2019. Quand Céline Kern, l’ancienne présidente, a voulu arrêter, elle m’a proposé de prendre sa place. J’ai hésité, le temps d’une nuit, parce que ça tombait en même temps que l’ouverture de Hair Spa. Heureusement, on a Mélanie qui travaille aux Vitrines de Colmar, je ne suis pas seule. Et puis, j’aime beaucoup le travail. Mais j’aime aussi les vacances, ne vous y trompez pas (rires).
Quel est le rôle de la présidente des Vitrines de Colmar ?
Mon rôle, c’est déjà de véhiculer nos idées au niveau des élus, de tous les gens qui peuvent nous apporter quelque chose. Je suis aussi là pour être à l’écoute de tous les commerçants et artisans. Avec un bureau de 12 personnes et différents pôles d’activité, nous devons être le moteur pour trouver des solutions, aider les commerçants, faire bouger les choses à Colmar. Parce qu’actuellement, c’est très compliqué.
Justement, en cette période de crise et d’instabilité, comment se porte le commerce colmarien ?
Avant la guerre en Iran, c’était déjà difficile. Mais ça le devient de plus en plus. Il faut qu’on arrive à faire revenir les gens en ville. Les clients vont dans des zones commerciales et surtout sur Internet. Nous devons vraiment arriver à ce qu’ils réapprennent à profiter du centre-ville et de ses abords. Pour cela, nous devons être à l’écoute, créer des animations et mener beaucoup de projets de communication. Il faut donc des budgets. Ça veut dire aller chercher des aides, des subventions. Mais je suis optimiste pour l’avenir. Je pense que les gens ont conscience de la situation et du besoin de soutien.
« La coiffure, c’est un métier de passion »
Avez-vous de grands projets à mener durant votre présidence ?
Oui. Le premier, ça a été la mise en place des animations de quartier, pour apporter plus de proximité. Ces événements permettent à chacun de se sentir concerné et de redécouvrir chaque rue différemment. Le rôle des Vitrines de Colmar, c’est d’aider les commerçants. On est là pour fédérer, pour créer des animations. En ce moment, on veut aussi développer notre communication. On travaille avec l’Office de tourisme pour créer une page du commerce colmarien sur leur site et faire venir les touristes dans nos magasins. Mais on ne mise pas que sur les touristes.
Aux Colmariens, j’ai envie de dire que beaucoup de choses, comme sur le stationnement, sont mises en place pour profiter du centre-ville. Ensuite, nous avons beaucoup de belles boutiques, dont certaines indépendantes, des gens qui se battent au quotidien. Donc je pense qu’à un moment donné, il faut être un peu chauvin et se dire : j’aide les commerçants du coin. Sinon, ils vont disparaître. Je terminerais sur le fait que Colmar est une très belle ville. Il faut que les Colmariens se la réapproprient.
Le chiffre
250
C’est le nombre d’adhérents que comptent actuellement les Vitrines de Colmar, présidées par Céline Masiello.
Ses préférences
- Un film : Dirty Dancing, de Emile Ardolino
- Un chanteur : Barry White
- Un auteur : Guillaume Musso
- Un endroit hors d’Alsace : L’île Maurice
Repères
- 2006 : Naissance de ses enfants.
- 2013 : Reprise du salon Franck-Provost.
- 2019 : Ouverture de The Barber Company en plein Covid.
- 2025 : Elle ouvre Hair Spa et devient présidente des Vitrines de Colmar.





