Difficile de résumer une pièce de théâtre si particulière. Discussion avec DS, c’est son nom, a été créée par la jeune actrice et metteuse en scène montpelliéraine Raphaëlle Rousseau, en 2022 : « C’est un échange entre une jeune femme au début de sa vie d’actrice et le fantôme de Delphine Seyrig, son idole. Elles parlent de tout, d’être une femme actrice, de la maternité, de féminisme, etc. », résume-t-elle.
Delphine Seyrig est une actrice et réalisatrice française. Muse d’Alain Resnais ou François Truffaut, sa vie a oscillé entre la France et New York, entre le théâtre et le cinéma. Sa voix si particulière, grave, a marqué bon nombre de spectateurs. Elle a également été l’une des figures du féminisme en France.
UNE PIECE POUR NE PAS L’OUBLIER
Ce spectacle sert aussi à remettre l’actrice sur le devant de la scène. Accessible à partir de 15 ans, la pièce pourrait permettre de faire connaître cette femme et son héritage aux jeunes générations. Cela apporterait de nombreux bienfaits. Raphaëlle Rousseau le sait bien, elle a été grandement influencée par la comédienne : « Je suis tombée sur elle au début de mes études. Elle parlait de son métier avec une grande intelligence. Elle était pionnière, visionnaire. J’ai trouvé en Delphine Seyrig une sorte de guide qui m’a beaucoup inspiré », se souvient-elle. Toutefois, Discussion avec DS n’est pas pour autant un spectacle hommage.
Il raconte plutôt un lien entre deux générations d’actrices. Et pour redonner vie à Delphine Seyrig, morte en 1990, Raphaëlle Rousseau a créé une vraie discussion vivante à partir d’archives sonores : « J’ai écouté et découpé dans des centaines d’heures d’interviews, le moindre petit oui, la moindre respiration. J’ai recréé une discussion qui n’a donc, par définition, jamais eu lieu, avec la vraie voix de Delphine Seyrig ». Un travail de fourmi, minutieux et long : « Le mot fourmi est très bien choisi, vous comprendrez pourquoi en allant voir la pièce », conclut-elle mystérieusement.





