Vous êtes née à Châlons-sur-Marne, mais vous avez grandi et vécu à Colmar ?
Tout à fait. Je suis une Colmarienne d’adoption. Pour ce qui est de ma vie, je me suis mariée et j’ai été viticultrice dans la région. Après mon divorce, j’ai rejoint mon papa qui tenait une entreprise qui s’appelait Mon Bureau, à Colmar. On était mécanographes, fournituristes de bureau, papetiers. J’ai été formatrice en bureautique. Sur le tas, j’ai appris la comptabilité, la gestion. Et en 1998, mon père a vendu l’entreprise et je suis partie vers d’autres horizons. J’ai travaillé dans une entreprise d’importation de vêtements en tant qu’assistante de direction. Et enfin, je suis arrivée à un âge où j’avais le droit de prendre ma retraite, après 42 ans de bons et loyaux services ! Depuis 2020, je suis une heureuse retraitée (rires).
Retraitée, et engagée, parce que votre vie est parsemée d’engagements associatifs.
C’est vrai. Ça a commencé lorsque, plus jeune, j’étais volleyeuse. Mes premières années d’investissement associatif en tant que dirigeante étaient dans le monde du volleyball, comme présidente de la Colmarienne Volley. Puis je me suis investie dans la Ligue d’Alsace en tant que vice-présidente. Pendant 15 ans et jusqu’en 2020, j’ai aussi été présidente du comité départemental de volleyball. J’ai par la suite réveillé le Volley Club de Munster. Et je suis actuellement trésorière de l’Office Municipal des Sports (OMS).

Le sport semble à l’origine de vos engagements associatifs. Quelle place a-t-il occupée dans votre parcours ?
Mon sport de cœur, c’est le volleyball. J’ai adoré. Mais, de blessure en blessure, on ne peut plus jouer, donc j’ai entraîné. Jusqu’à la blessure finale, une rupture du tendon d’Achille, puis une opération de l’avant-bras. Pour tout vous dire, j’étais fille unique. De ce fait, le sport collectif me semblait quelque chose de logique. J’ai toujours adoré ce côté groupe, où la réussite ne dépend pas de soi, mais du nombre qu’on est, du collectif. Je pense que c’est mon moteur. J’ai l’impression que je peux apporter quelque chose au collectif. Je suis une grande travailleuse et une femme d’engagement. Avec le temps, l’associatif et le don de soi pour une cause sont devenus évidents.
Et ce n’est pas terminé, puisque depuis 2019, vous êtes investie dans le Marathon de Colmar.
Oui, ça a débuté juste avant le Covid. Aujourd’hui, il m’occupe assez pour ne pas avoir besoin de chercher d’autres occupations (rires). À la Ligue d’Alsace, j’ai aussi été présidente de la commission statut et règlement. J’ai acquis une expertise en la matière. Et une copine de l’association Courir Solidaire, qui organise l’événement, n’arrêtait pas de me demander : « Est-ce qu’on peut faire ci ? Est-ce qu’on peut faire ça ? ». Au bout d’un moment, je lui ai dit : « Bon, tu m’envoies tes statuts, je les regarde et je te fais un projet de statuts mis à jour ». C’est comme cela que je suis entrée dans ce monde que je ne connaissais pas du tout, celui de la course à pied, aux antipodes de mon sport collectif. Mais j’y ai retrouvé de belles personnes qui ont le don de soi. Dans un premier temps, j’ai été comme une assistante administrative. Dès l’année d’après, je suis devenue présidente. L’ADN de Courir Solidaire et du Marathon depuis sa création en 2015, c’est de faire des courses solidaires afin de pouvoir aider des associations. Nous avons reversé plus de 415 000 euros à près de 48 associations en 10 éditions. C’est une belle réussite.
Le Marathon de Colmar est en effet un succès. Combien de participants attendez-vous les 19 et 20 septembre ?
Cette année, il y a plus de 8 000 adultes, soit 1 000 coureurs de plus que l’an passé. Et 2 000 sont encore sur liste d’attente. Petit à petit, on a dû faire face à ce phénomène extraordinaire qui a été celui de la course à pied. Les gens se sont mis à courir de plus en plus. Le concept colmarien avec le parcours, l’ambiance qui règne, le côté solidaire, a fait que les coureurs sont venus de plus en plus nombreux, ce qui nous a aussi obligés à affiner notre organisation. Inévitablement, les budgets ont explosé, mais le côté solidaire reste l’âme du Marathon. Il faut que le coureur, quand il vient, sache qu’il participe par sa course à une belle cause. Celui qui veut faire un temps, il va à Berlin, où on tourne en rond sur du plat.

À quelques jours du départ, comment sentez-vous cette onzième édition ?
Comme chaque année. On n’a plus le droit de procrastiner. Mais j’ai la chance d’être bien entourée. Alors je suis optimiste, on va y arriver. Et puis, comme je dis toujours, la perfection, ça n’existe pas.
Est-ce votre dernier Marathon à la tête de Courir Solidaire ?
Je ne serai certainement pas présidente à vie (rires). Tant que j’ai de l’énergie, tant que les personnes qui m’entourent acceptent mon mode de fonctionnement, tant que j’ai l’impression que je peux apporter quelque chose, je continue. Pour le moment, j’ai encore la capacité d’apporter quelque chose. Je voudrais ajouter une chose : je suis très heureuse de voir que j’ai réussi, dans ma vie, à donner envie aux gens de faire du bénévolat. J’en retire une certaine fierté. Ma fille est l’organisatrice d’une guinguette. Mon petit-fils est rentré aux scouts. J’ai réussi, un peu, à donner cette envie d’investissement pour les autres et de groupe solidaire. Je suis très contente d’avoir au moins réussi cet effet boule de neige. Pour être solidaire, il n’y a pas besoin de rassembler 200 personnes. Si on en rassemble deux, ça fera peut-être quatre, puis six, puis dix, puis vingt, ainsi de suite. Si chacun autour de lui avait cette flamme, je crois que tout le monde se sentirait beaucoup mieux.
L’info en plus
Isabelle Brogly s’est vu décerner la médaille d’or de la jeunesse, des sports et de l’engagement associatif en 2024.
Repères
- 1978 : Sa première sélection en équipe d’Alsace de Volley.
- 1981 : Naissance de sa fille.
- 2019 : Elle intègre Courir Solidaire et le Marathon de Colmar.
- 2020 : Elle prend sa retraite.




