mercredi 29 avril 2026
AccueilÀ la uneQue représente le 1er mai pour les Alsaciens ?

Que représente le 1er mai pour les Alsaciens ?

C’est un jour férié pas comme les autres, le seul chômé en France. Un jour chargé de symboles, entre la fête du Travail et le muguet, la fleur de la chance et du renouveau. Le 1er mai évoque chez certains des souvenirs, chez d’autres la frustration de ne pas voir les commerces ouverts. Maxi Flash est donc allé demander aux Alsaciens ce que signifie pour eux ce jour si particulier.

Sébastien Ott, de Houssen, commerçant à Colmar.

Sébastien Ott
Sébastien Ott, du fumoir Houssenois. / ©DR

Dans les allées du marché couvert de Colmar, ce commerçant vend sa viande fumée avec le Fumoir Houssenois. Quand on lui demande ce que signifie le 1er mai pour lui, il répond : « Pas grand-chose » et pense rapidement au récent débat sur l’ouverture de certains commerces : « Prenons par exemple le 8 mai ou l’Ascension. Beaucoup sont ouverts parce que c’est un gros pont, les gens sortent. Mais là, il n’y a presque rien d’ouvert. Donc ça n’a aucun intérêt de l’être aussi. Personnellement, je ne me sens pas concerné. Les boulangeries, en revanche, devraient avoir le droit d’ouvrir parce que c’est un produit de première nécessité. Pour les autres, je ne vois pas l’intérêt. Si les gens veulent acheter quelque chose de particulier pour le 1er mai, ils peuvent chercher ça la veille », estime-t-il.

Véronique Jacquot, fleuriste à Munster.

Véronique Jacquot et Lina Heinrich
Véronique Jacquot et Lina Heinrich, fleuristes à Munster. / ©DR

Elle aussi est fleuriste. Dans sa boutique, elle est épaulée par Lina Heinrich. À la question : « Que vous évoque le 1er mai ? », Véronique répond simplement : « Le 1er mai, pour moi, c’est la fête du Travail, mais on travaille quand même. Pas besoin d’un jour chômé. J’imagine que toutes les fleuristes vous disent la même chose ». Là encore, la discussion dérive rapidement sur l’ouverture des commerces : « Le problème, c’est que si l’employé vient bosser, ça coûte bien plus à l’employeur. Il y a aussi la problématique des vendeurs à la sauvette. Aujourd’hui, il n’y a pas assez de muguets, donc beaucoup d’entre eux vont en acheter chez les producteurs « au black ». Puis ils le vendent. Ce n’est pas cool. Alors qu’on nous laisse travailler, c’est notre fonds de commerce ».

Audrey, de Colmar, fleuriste.

Une fleuriste
Audrey, fleuriste au centre de Colmar, au milieu de ses plantes.
/ ©DR

Les fleuristes justement, qu’en pensent-ils ? « Le 1er mai, ça me rappelle mon enfance. Avec mes parents, on allait se balader en forêt, cueillir quelques brins de muguet », raconte-t-elle d’abord. Ici aussi, parler du 1er mai amène inévitablement à évoquer l’actualité : « Si l’on est ouvert le 1er mai, oui, je travaille. Et puis, par rapport aux vendeurs à la sauvette, je trouve que ce n’est pas juste de ne pas ouvrir. Après, je ne vais pas vous le cacher, si je ne travaille pas, je suis également contente d’être en famille et de me reposer un peu ».

Francis, de Colmar.

Un Colmarien
Francis, un Colmarien habitué du marché couvert de
Colmar. / ©DR

Du côté des consommateurs, nous avons posé notre question à Francis, durant ses courses au centre-ville : « Pour moi, c’est surtout la fête du Travail et du muguet. J’ai un souvenir en particulier. Ce jour-là, surtout quand il y avait des ponts, on en profitait pour partir en montagne. On était tout un groupe à y aller ». Quant à l’actualité autour du 1er mai, son avis est loin d’être tranché : « Si c’est un commerce alimentaire, je suis d’accord pour qu’il ouvre, notamment avec la présence des touristes. Mais pas pour les commerces vestimentaires par exemple. C’est bien aussi d’avoir un jour de congé », estime-t-il.

Kévin Munschi, de Colmar.

Un Haut-Rhinois
Kévin, un jeune consommateur haut-rhinois conscient des débats autour du 1er mai. / ©DR

Pour ce trentenaire, « le 1er mai est un jour férié mythique en France. On l’attend forcément, comme tous les autres. Après, c’est plus symbolique parce qu’il y a quand même des personnes qui se sont battues pour lui. Donc à mes yeux, ça représente surtout la fête du Travail ». Quant à l’actualité autour du travail en ce jour chômé, il révèle être plutôt mitigé : « C’est sûr que si l’on ne travaille pas, c’est quand même plus agréable d’avoir des commerces qui sont accessibles. Donc je suis assez partagé. Historiquement, tout est fermé, mais si des personnes veulent travailler, on sera quand même contents. À partir du moment où le salarié est payé double, ça me choque moins ». Longtemps synonyme de repos, de retrouvailles en famille et de cueillette de muguet, le 1er mai pourrait bientôt devenir un jour travaillé pour beaucoup de personnes. En tout cas, les Alsaciens n’y semblent pas opposés.

L’info en plus

Les origines du 1er mai : En 1889, la 2e Internationale socialiste fait du 1er mai une journée de manifestation internationale pour la réduction du temps de travail journalier à 8 heures. Il faudra attendre 1919 pour qu’une loi officialise cela.

ARTICLES SIMILAIRES
- Publicité -

LES DERNIERS ARTICLES

- Publicité -