Quel est votre premier souvenir lié à la musique ?
Je pense que c’est quand on voulait chanter des comptines d’enfants, à la crèche. Même si je ne me souviens plus précisément de la façon dont j’ai réellement commencé la musique. J’étais super jeune. Je chantais tout le temps à la maison, dès mes 2-3 ans. Je braillais même (rires). Dès que j’allais quelque part, à un mariage, chez des amis de mes parents, je voulais chanter. Puis j’ai intégré la Maîtrise des garçons de Colmar à 7 ans, jusqu’à mes 14 ans. Le matin, j’allais en cours et l’après-midi, je faisais de la musique. Théâtre, expression corporelle, chant, guitare, piano, on pratiquait beaucoup de choses. Le soir j’allais au conservatoire. J’avais de grosses journées (rires). J’ai aussi pratiqué l’escrime, le tennis, la natation. J’étais un hyperactif, je voulais tout le temps faire quelque chose. Mais c’est la musique que je préférais.
À cette époque, vous vous disiez déjà : « Je veux être chanteur plus tard » ?
Oui. Je regardais la Star Academy à l’époque de Jenifer. Je me souviens m’être dit : « j’aimerais tellement faire une émission comme ça et pouvoir chanter ». C’était un rêve. Mon objectif, c’était la musique, d’être chanteur, je ne voyais rien d’autre. C’est marrant, je me rappelle le bilan de mon rapport de stage de troisième, que j’avais fait chez mon papa. J’avais écrit que ce stage m’a permis de savoir que je voulais faire de la musique et ne pas travailler dans une entreprise (rires).
Votre parcours est aussi intimement lié à YouTube, où vous avez commencé dès 2010.
Exactement. Naïvement, je me suis dit qu’il fallait commencer à être visible et que si ça se trouve, quelqu’un allait me remarquer. Après tout, j’avais lu des articles sur Justin Bieber qui avait été repéré en postant ses vidéos sur internet. Alors pourquoi pas moi ? Cette plateforme, ça a été un tremplin pour moi. Par la suite, il y a eu d’autres projets, à l’époque où elle a explosé. En 2015-2016, je suis parti à Paris. M6 m’a contacté pour un projet YouTube, Cover Garden. Le principe, c’était de regrouper des chanteurs de télé pour faire des reprises chaque semaine. Ça a plutôt bien fonctionné, avec des millions de vues.
« J’étais un hyperactif, je voulais tout le temps faire quelque chose. Mais c’est la musique que je préférais »
Entre-temps, en 2014, vous avez aussi participé à l’émission The Voice. Est-ce que cette aventure a changé votre vie ?
Clairement. Sans The Voice, je n’aurais pas eu tout ce qui s’est passé après. C’est la première grosse aventure de musique, inoubliable. J’ai réalisé mon premier gros rêve, faire une émission de télé comme la Star Academy. C’est vraiment ce qui m’a lancé.
Puis arrive 2016 et la sortie de votre premier single. Comment décrivez-vous votre style musical ?
Exactement, mon premier single et mon premier EP. J’avais fait une campagne sur My Major Company afin de récolter des fonds. C’était des chansons que j’avais écrites. Ça me faisait plaisir de pouvoir enfin dévoiler une partie de mon univers. Mais depuis, mon style a beaucoup évolué. Je le décrirais comme de la pop nostalgique, quelque chose de très aérien. Ce que j’aime bien, c’est créer un contraste avec des musiques entraînantes et des paroles un peu tristes.
Vous semblez toujours hyperactif puisqu’en parallèle, vous avez aussi une activité de doublage dans des dessins animés.
Le doublage, c’est venu par hasard dans ma vie. Quand je travaillais sur Cover Garden, on m’a dit qu’une directrice artistique de doublage cherchait un chanteur pour un dessin animé. C’était Hôtel Transylvanie 3. J’ai passé les essais et ça a fonctionné. Je me suis découvert une nouvelle passion. J’ai pu faire plein de projets comme sur le film Miraculous, en 2023. Je passe aussi sur des castings à droite à gauche pour des séries. J’essaie d’être sur tous les fronts.

Plus récemment, vous êtes revenu sur le devant de la scène avec votre reprise de La Camisa Negra : 12 millions de vues sur TikTok, 7 millions d’écoutes sur Spotify. Vous vous attendiez à un tel buzz ?
Non, ce n’était pas prévu. En août dernier, je faisais des reprises sur TikTok. J’ai vu que quelques personnes d’Espagne les regardaient. Alors, je me suis dit que ce serait marrant d’essayer de faire une chanson en espagnol. J’ai repris La Camisa Negra, et j’ai posté ça sur TikTok. Le lendemain, il y avait déjà un million de vues ! C’était complètement fou. Ça n’arrêtait pas de monter. Il fallait en faire quelque chose. Donc j’ai appelé mes prods à Paris, qui ont dit : on va faire une version espagnole et en français. La Camisa Negra m’a ouvert encore d’autres portes. Mais maintenant, j’aimerais me concentrer sur des chansons originales pour montrer mon univers.
Justement, vous avez sorti il y a un peu plus d’un mois votre nouveau single, On s’oubliera. Est-ce les prémices d’un album ?
Déjà, pour dire un mot de ce morceau, c’est parti d’une histoire personnelle. J’étais en soirée avec des potes, et j’aimais bien une personne qui était dans ce groupe. J’ai vu un rapprochement d’un de mes potes avec cette personne et ça m’a touché. Il y avait un peu ce truc de pourquoi pas moi ? J’ai commencé à écrire autour de ça. La chanson aborde vraiment le sujet du temps qui passe, du côté très nostalgique, un peu fataliste.
Sinon, effectivement, on prépare des musiques en studio, ça va découler sur un EP ou un album. Je reste très mystérieux pour l’instant, mais sachez qu’une suite arrive. Je suis très heureux de n’avoir jamais rien lâché, parce que ça commence enfin à payer.
L’INFO EN PLUS
Elliott a également participé à « Eurovision France, c’est vous qui décidez ! », pour représenter l’Hexagone à l’Eurovision.
Repères
- 2014 : Il participe à The Voice
- 2018 : Ses débuts dans le doublage
- 2022 : Participation à « Eurovision France, c’est vous qui décidez ! »
- 2025 : Sa reprise de La Camisa Negra fait le buzz



