Vous n’avez que 30 ans et vous êtes déjà maire. Qui est Luca Basso ?
Vous voyez comment je suis habillé. Franchement, je reste assez simple. Je n’ai pas changé par rapport à ma vie d’avant. Les gens me connaissent déjà. Donc qui je suis ? Luca Basso, c’est tout. Ce n’est pas parce que je suis maire que je suis différent. Je reste un homme simple, accessible. Et je pense que le résultat des élections tient en partie à ça. Les gens se sentent déconnectés des politiques, pas entendus, pas représentés. Alors, avoir quelqu’un qui est comme eux, c’est important. Je n’ai pas pris la grosse tête. Évidemment, quand il faut bien s’habiller, je m’habille bien (rires).
Votre engagement ne date pas d’hier. Comment êtes-vous entré en politique ?
Ça commence très tôt, en 2007-2008. J’ai intégré le conseil municipal des jeunes, à 13 ans. Après mes 18 ans, c’est un milieu que j’ai continué de fréquenter. Puis Serge Nicole, l’ancien maire, m’a pris dans son équipe en 2020. J’ai fait un mandat de conseiller municipal. Ce qui m’a plu, c’est la notion d’engagement pour la collectivité, pour les autres. Il y a des gens qui s’engagent dans l’associatif. La politique, c’est un peu pareil. On fait des projets, on cherche à rendre des services aux gens, à améliorer leur quotidien. Dorénavant, quand je me lève le matin, que mes pensées soient tournées vers mon travail ou vers mon mandat, je suis épanoui. Même si je dois bien l’admettre, ça fait bizarre d’être appelé Monsieur le maire (rires).
Pourquoi vous êtes-vous présenté à cette élection ?
J’ai commencé à y penser au milieu du mandat dernier. Certains me disaient : « Ah, ça serait bien que la prochaine fois, tu te présentes ». Je répondais : « Non, conseiller municipal, ça me plaît bien ». Un jour, c’est Serge Nicole lui-même qui m’a dit : « Pourquoi pas toi ? ». C’était sur le ton de la rigolade. Puis de fil en aiguille, on s’intéresse, on réfléchit : est-ce que j’y vais ? C’est quand même un gros engagement. On discute avec ses parents, sa famille, ses amis, qui poussent, qui soutiennent. Sans être prétentieux, la question s’est posée, mais pas longtemps parce que je connaissais mes capacités à faire ce pour quoi je m’engage.
Vous avez justement pris la suite de Serge Nicole, en poste pendant 18 ans. Cela vous rajoute-t-il une pression ?
Je dirais qu’il y a un peu de pression, effectivement. Mais il faut rester simple et ça ira. Évidemment, je pense que le travail effectué dans les mandats précédents a transformé Wintzenheim. Il y a une majorité de satisfaits, cela a dû jouer sur l’élection. D’un autre côté, il y a ma personnalité et mon âge. Mes concurrents disaient que j’étais trop jeune. En réalité, je pense que les gens avaient besoin d’un changement de génération. Mon âge est une force. De plus, l’équipe est de tous âges. Cela permet de comprendre tout le monde.

Vous n’étiez pas seul sur la ligne de départ, il y a eu deux autres listes. Comment s’est passée la campagne ?
L’ambiance était… particulière. Avec mon équipe, on a essayé de montrer qu’on était prêts, sérieux et on a senti l’engouement. Puis il y a eu des attaques. J’ai même porté plainte après le premier tour, parce que l’équipe en face a fait un tract de campagne avec une caricature de moi, en enfant, avec un visage un peu ahuri et l’ancien maire derrière en marionnettiste. Dans une campagne électorale, il n’y a pas besoin de ce genre de choses. Ça a tendu l’ambiance entre les deux tours. Autrement, il y a eu des réunions publiques, beaucoup de beaux échanges avec les habitants. C’est important. Je n’ai pas de souci quand ils viennent vers moi. Parfois, on m’aborde dans la rue. À Wintzenheim en plus, les gens sont super !
Votre programme a forcément joué sur le résultat du scrutin. Quels en sont les grands axes ?
Les projets présentés, la qualité de l’équipe et sa diversité ont joué, il ne faut pas se leurrer. On avait axé la campagne sur des thèmes : ville vivante, ville durable, ville sûre, ville citoyenne et intergénérationnelle, ville culturelle et sportive, ville qui communique. Dans Ville sûre, on répond à plusieurs problématiques, comme l’aménagement des voiries avec des pistes cyclables, mais aussi la stabilité financière, qui est une forme de sécurité. Ensuite, il y a trois ou quatre projets majeurs. À commencer par la route de Colmar. Une première tranche est faite.
L’idée, c’est de poursuivre dans la même lignée, de réduire les îlots de chaleur avec des arbres, d’infiltrer les eaux pluviales, de fluidifier les déplacements et de partager la chaussée. Il y a également le chantier de la Halle du marché, en cœur de ville. C’est une chance de l’avoir. Ensuite, il y a la mise aux normes de la mairie. Sans oublier la végétalisation. Dans chaque projet, il y a un axe développement durable. On veut être pragmatiques avec plein de petites idées qui vont changer la qualité de vie. Nous voulons également soutenir les associations, développer le tourisme, promouvoir le sport. Des choses simples avec un énorme travail derrière, pour améliorer le quotidien des habitants.
Vous n’allez pas vous ennuyer. Ces projets vont demander du temps, pensez-vous déjà rempiler pour de futurs mandats ?
Non, je n’y pense pas. Il faut d’abord faire ce qu’on a prévu, ce pour quoi on a été élus. Évidemment, à un moment donné, la question va se poser. Qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce qu’on a encore envie aussi, personnellement ? Est-ce que les gens ont encore envie ? Nous verrons en temps voulu.
L’info en plus
Luca Basso est également 3e vice-président de Colmar Agglomération, en charge du « Plan de mobilité et aménagements cyclables ».
Repères
- 2008 : Il intègre le conseil municipal des jeunes.
- 2020 : Il intègre le conseil municipal.
- 2025 : Sa déclaration de candidature.
- 2026 : Son élection à la municipalité.




