Pendant quatre mois, Maxime Weishard s’est entraîné deux à quatre fois par semaine, en allongeant progressivement les distances. Un apprentissage accéléré pour celui qui, au début du printemps, n’avait encore jamais roulé avec des pédales automatiques. Pour rejoindre Toulouse, pas question de suivre la ligne droite. Son itinéraire doit notamment l’emmener dans le Jura et les environs d’Aix-en-Provence, à raison de plus de 100 kilomètres par jour : « le défi, c’est 20 % de physique et 80 % de mental », estime Maxime Weishard.
Un équipement venu de toute la France
Directeur du magasin Intersport de Sélestat, Maxime Weishard veut surtout mettre en avant la fabrication française. Ses chaussettes viennent de Labonal, à Dambach-la-Ville, où il a participé au développement d’une gamme pour le trail, la course et le vélo.
Sa tenue a été fabriquée à Troyes. Ses lunettes Julbo, marque née dans le Jura, ont été achetées chez Atol à Sélestat, tandis que son vélo, acheté chez Intersport, a été assemblé à Machecoul, près de Nantes : « Dans le sport, j’ai l’impression que tout vient de l’étranger et que l’on a perdu notre savoir-faire », regrette le jeune homme.
Il estime pourtant qu’au prix où sont vendus certains équipements, il serait possible de produire davantage en France sans nécessairement payer plus cher.
Des sommets avant la route
Après des années de football au niveau départemental et un marathon à Dijon en 2023, l’Alsacien a passé quatre mois en Tanzanie en 2025, presque entièrement seul. Il y a gravi le Kilimandjaro avec un groupe, au terme de sept jours entre jungle, paysages lunaires et neige. Mais ces exploits ne sont pas sans risque. À près de 5 900 mètres d’altitude, le manque d’oxygène lui a temporairement effacé le souvenir du sommet : « Pendant 24 heures, je ne me souvenais plus que j’étais monté et que j’étais arrivé en haut », se remémore-t-il. Quelques mois plus tard, il s’est lancé dans une aventure familiale au Mont-Blanc, avec son père Stéphane et son frère Léo.
Une affaire de famille
À 59 ans, Stéphane s’entraîne désormais tous les deux jours et a déjà participé à deux triathlons, tandis que Léo pratique le football et la randonnée. Tous trois pensent déjà à une nouvelle ascension : « Pourquoi ne pas gravir un autre sommet ensemble pour les 60 ans de mon père ? », imagine Maxime. Sélestat–Toulouse ne devrait être qu’une première étape. Il envisage déjà deux futurs tronçons, de Toulouse à la Bretagne puis de la Bretagne à l’Alsace, pour boucler un jour son tour de France à vélo. « Un jour, j’aimerais monter une expédition en étant équipé de la tête aux pieds français », confie l’aventurier.




