mercredi 18 février 2026

Schweitzer nous parle

Lorsqu’en France, la question des droits des animaux est évoquée, un nom, essentiel, existentiel, est oublié. C’est celui d’Albert Schweitzer. Il aimait tous les animaux. Et ce depuis l’enfance.

Les animaux

 

Une anecdote : lorsqu’il était au lycée de Mulhouse à partir de l’âge de 11 ans, il envoyait des lettres pleines d’affection au chien de la famille à Gunsbach. Il lui demandait pardon pour son absence et ajoutait parfois un os.

Écoutez comment, des décennies plus tard, il présente l’hôpital de Lambaréné. « À Lambaréné sur le débarcadère, s’ébattent les pélicans ». S’ajoute ensuite pour Albert Schweitzer la nécessité de protéger les animaux.

Là aussi, cela a débuté dans l’enfance. À Gunsbach, il n’a pêché à la ligne dans la Fecht que deux fois avec des camarades. Et pour cause. Il écrit : « La torture des vers empalés à l’hameçon, et des poissons à qui l’on déchirait la bouche, m’inspira une telle horreur que je refusais de continuer ce jeu cruel ».

Au Gabon, voici un exemple de la continuité de sa compassion : « J’arrive juste à temps pour arracher à l’oie un pauvre caméléon ». Reste la question de l’élevage des animaux à Lambaréné, nécessaire pour nourrir le personnel, les malades et leur famille. Albert Schweitzer en parle déjà dans les années 30 avec le sens du bien-être animal : « Le berger a ouvert les étables. Les chèvres et les moutons vont jouir de la liberté ». Il ajoutera : « Nos chèvres nous livrent à peu près le cinquième de la quantité de lait dont nous avons besoin pour l’hôpital et le ménage ».

Je complète par une anecdote significative : le diplôme dont Schweitzer se montrait le plus fier était le Premier Prix au Concours agricole des animaux reproducteurs de l’Afrique-Équatoriale française. Il l’a reçu le 14 septembre 1930. Il avait alors 55 ans.

Et je termine par des propos qui remontent à 1935, et qui montrent une fois de plus à quel point Albert Schweitzer était visionnaire : « Je ne demande jamais à des chasseurs de tuer pour nous des animaux dans la forêt proche, parce que dans ce cas la seule raison en serait d’obtenir de la viande pour approvisionner notre table. D’une manière générale, je pense que l’humanité en viendra de plus en plus à réduire sa consommation de viande ou même à une abstinence complète ».

Jusqu’à son dernier souffle, il plaida la cause animale par ses écrits et par ses actes. De nos jours, de nombreux refuges pour animaux portent son nom, en Allemagne notamment, et, en Afrique, des associations pour le respect des animaux se réclament de lui. Reste à la société française dans son ensemble à le savoir.

Francis Guthleben vient de publier Albert Schweitzer intime, aux éditions AISL. L’ouvrage regroupe 100 témoignages sur le prix Nobel de la Paix recueillis dans le monde entier.

Retrouvez l’ensemble des articles sur Albert Schweitzer : L’année Schweitzer

Chronique rédigée par Francis Guthleben

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