dimanche 15 mars 2026
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Les dessous du costume alsacien en Pays de Hanau

On entre dans l’exposition Costumes et images d’Alsace, Se vêtir en Pays de Hanau comme dans un costume alsacien, couche par couche pour en comprendre tous les dessous. Plus de 300 pièces, du textile aux outils sans oublier l’iconographie, seront exposées à Bouxwiller jusqu’au 25 octobre.

Par sa scénographie, son budget et sa durée, l’exposition Costumes et images d’Alsace, Se vêtir en Pays de Hanau est la première de cette envergure depuis la rénovation du musée de Bouxwiller en 2013. C’est à la faveur d’un « chantier des collections » que le thème fédérateur des costumes en Pays de Hanau est venu à Gaëlle Rybienik, attachée de conservation du patrimoine au Parc naturel régional des Vosges du Nord (PNRV).

« En 2022, le PNRV a décidé de faire l’inventaire de 20 000 œuvres de ses réserves, arts de la table, mobilier, cartes postales, et parmi celles-ci 3000 pièces de textile. Le sujet a bien plu parce qu’il permet de s’identifier, et c’était un challenge pour nos équipes », se souvient-elle. Cinq personnes travaillent ainsi depuis un an sur l’exposition, se formant notamment sur la fragilité des étoffes, en plus d’un graphiste, d’un traducteur, et du concours des musées de Strasbourg, Wissembourg et Pfaffenhoffen.

ENLEVER LES STEREOTYPES

Didactiques et ludiques, les objectifs de l’exposition sont multiples : « Nous nous sommes rendu compte que les costumes de Hanau et du Kochersberg sont proches, il s’agit ainsi d’ouvrir les frontières et d’enlever les stéréotypes liés aux représentations », estime Gaëlle. En croisant des photos du 19e siècle et des pièces de costumes, il est possible de tracer une chronologie des us et coutumes en Pays de Hanau.

Mais toujours avec « des doutes qui persistent : 80% des textiles étaient rangés dans des boîtes sans indication de provenance. Les plus vieux datent de la fin du 18e siècle, les plus récents des années 2000 et ce sont des répliques folkloriques ».

Ainsi la scénographie passe des mannequins à la vidéo, du meuble à techniques et matériaux aux affiches publicitaires. Selon la conservatrice, « l’entrée spectaculaire présente chaque objet séparément. Cela permet au visiteur de se mettre à la place du scientifique, par exemple sur l’évolution des tissus, passant du chanvre, au lin, au coton, au synthétique, et ainsi les couleurs ».

Du plafond tombe un impressionnant ruban de 2m50, avec la description du nœud qu’il peut devenir. « Finalement, il ne reste du costume de Hanau que le gros nœud qui finit par représenter tous les costumes alsaciens », conclut Gaëlle Rybienik. L’inventaire quant à lui continue, tout comme la mode suit son cours : la coiffe rose fuchsia et son sac Kouglof de Victor Weisanto prouvent que le costume alsacien plaît toujours.

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