Cet été à Saverne, la quatrième édition des Alpagas bleus, du 16 au 18 juillet, accueillera Soprano, Stéphane Eicher, Matmatah et Patrick Bruel. Enfin, pour le chanteur de J’te l’dis quand même, en pleine tempête judiciaire et médiatique, rien n’est certain. Plus d’une quinzaine de femmes accusent Bruel de violences sexuelles, certaines ont témoigné dans Elle et Mediapart, deux plaintes pour viol, tentative de viol ou agression sexuelle ont été déposées en France et une troisième en Belgique, trois enquêtes ont été ouvertes. Des faits graves que l’artiste, qui n’a pas pris la parole publiquement, nie. Outre Saverne, Bruel chantera 58 fois en France, en Belgique, en Suisse et au Canada jusqu’à la fin de l’année dans le cadre du 35e anniversaire de son album Alors Regarde. Cette tournée sera-t-elle annulée ? C’est une bonne question qui en appelle d’autres. Les Festivals comme Les Alpagas Bleus seront-ils financièrement en danger en cas d’annulation ? Peuvent-ils se le permettre juridiquement alors que le chanteur est présumé innocent ? Celles et ceux qui ont acheté leur billet ont-ils encore envie de reprendre en cœur La place des Grands Hommes, Casser la voix ou Mon amant de Saint-Jean ? Alors que faire ? Je n’aimerais pas être dans la peau des organisateurs, m’a dit ma voisine, imagine un instant l’ambiance, le café des vices, elle a ajouté. Et puis, ma voisine est revenue sur cette phrase que l’on entend parfois : « Un type comme Bruel n’a pas besoin de violer, il est riche, il est beau, la France l’adore ». Pourquoi est-ce une erreur de dire cela ? Parce que la question ne se pose pas en ces termes-là. Si c’est un malade sexuel, alors il peut avoir été élu Monsieur Univers, ou posséder la plus grande fortune de France, cela ne change rien, il peut très bien être un prédateur « comme les autres ». On dit que Bruel est un séducteur, et jusque-là il n’y a pas de problème ; à une époque les femmes étaient à ses pieds (pas toutes les femmes, j’en connais qui le trouvent moche et inintéressant), il a fait ce qu’il a voulu avec celles qui ont voulu, dans le cadre de la loi pas de problème, mais le consentement existe, même pour une grande vedette qui aime la vie, le vin, l’huile d’olive et le sexe. Pour conclure, ma voisine a ajouté que ce n’est jamais simple pour une femme de dire qu’elle a été violée et qu’un homme lui a pris « sa première fois » comme c’est le cas dans l’affaire Bruel, il faut une sacrée dose de courage pour affronter ses souvenirs et son fantôme, il faut parfois une vie pour s’avouer à soi-même que oui, il s’agissait d’un viol, tellement la violence a fait vriller le cerveau. Alors, Bruel ou pas Bruel en Alsace cet été ? Des indices : PPDA c’est 80 témoignages de femmes contre lui, où en est l’affaire Hulot, et Gerard Miller, etc. À partir de combien de femmes agressées un juge peut considérer qu’il y a sérialité, même si certains faits sont prescrits ? Au rythme de la justice, Bruel trouvera des refrains à ses histoires, il peut prévoir encore plusieurs tournées triomphales en étant présumé innocent.



