vendredi 24 juillet 2026
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Horticulture Kaiffer, 125 ans de pousse

Cela fait plus d’un siècle que cette exploitation familiale existe. Elle a su traverser le temps, et les crises, mais s’apprête à fermer définitivement, clôturant une longue et belle histoire.

1900, plaine d’Alsace. Dans ce village, non loin de Neuf-Brisach, la grand-mère d’André Kaiffer s’affaire dans la terre. Elle cultive des légumes. Deux heures du matin, elle prend ses produits, son cheval, direction Colmar pour vendre. 125 ans plus tard, l’exploitation est toujours là. Ce sont les parents d’André qui ont d’abord pris la suite, opérant un virage vers les fleurs et plants de légumes. Lui a repris en 1972. Il cultive fleurs et légumes avec soin, grâce à un savoir-faire centenaire et familial avec Marie-Claude, sa femme. Ils ont agrandi l’exploitation, actuellement de 3 000 m2, dès 1989 : « L’exploitation de mes parents, elle n’existe plus. C’était très vieux. On a grandi jusqu’en 1998», confie l’horticulteur.

La fin de l’exploitation

André et Marie-Claude ont commencé à livrer des fleuristes. Mais entre le changement climatique et les exploitations industrielles des Pays-Bas, plaque tournante du marché, leur société a pris un coup : « Ce sont les plus gros problèmes de l’horticulture. Comme il fallait vendre à tout prix, je me suis adressé à Botanic Mulhouse. On a travaillé 20 ans avec eux », raconte-t-il. Puis en 2019, André est victime d’un AVC. Leur vie bascule, il faut s’adapter : « J’ai appelé les clients et j’ai dit : on arrête tout ». Dorénavant, le couple ne vend que sur place, aux particuliers, uniquement leur production. Ils ont aussi créé un système de self-service devant une serre.

Cela leur permet de continuer l’activité, tout en ralentissant le rythme de travail durant l’été. Quid de l’avenir de l’exploitation ? Aucun membre de la famille n’a souhaité reprendre. Pas de quoi les inquiéter : « La rentabilité est très mauvaise. Léguer ça, ce serait un cadeau empoisonné ». Le couple ne cherche donc pas de repreneurs. Ils vont fermer boutique dans les années à venir : « Ça ne me dérange pas. On a vécu de l’horticulture, avec passion, et c’est déjà bien. On continue aussi longtemps que la santé nous le permet et que l’envie est là », conclut un André Kaiffer serein.

L’info en plus

Pendant deux ans et demi, André Kaiffer a dû travailler à l’usine, de nuit en Allemagne, parce que les revenus de l’horticulture n’étaient pas suffisants.

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