lundi 31 août 2026
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Stephan Georgenthum, homme de terrains

Sa vie professionnelle a débuté à l’étranger. De l’Europe à l’Asie, il a voyagé et multiplié les expériences. Puis il est revenu sur ses terres, en Alsace. Là, au milieu du vignoble, Stephan Georgenthum a intégré la société familiale, Sovia. Avec ses parents et son frère, ils l’ont transformé en un acteur régional de premier plan du secteur de la construction et de l’immobilier. Partis d’une petite structure, ils en ont fait un groupe aux branches diverses, fort de plus de 30 employés et d’un chiffre d’affaires de plusieurs dizaines de millions d’euros. Son arrivée dans l’entreprise, ses projets, l’avenir du secteur et le sport : Stephan Georgenthum est revenu sur son parcours auprès de Maxi Flash.

Comment a été créée Sovia ?

C’est une histoire familiale. Sovia a été fondée par mon père en 1989. Il a d’abord travaillé pendant 25 ans dans un bureau d’études. Il s’est mis à son compte pour faire un projet de lotissements. En 1992, ma mère l’a rejoint. En 1996, ça a été au tour de mon frère. Quant à moi, je suis arrivé en 1998. Vous voyez, c’était 100 % familial dès le départ. Au début, c’était même dans la cave de mon père, à Zimmerbach. Il a acheté ses premiers bureaux dans une vente aux enchères, pour 100 francs. Nous faisions donc des lotissements, Sovia achetait des terrains, les viabilisait et les revendait. On faisait tout, on dessinait à la main. Ensuite, petit à petit, mes parents sont partis à la retraite, et avec mon frère nous avons repris la boutique.

Pourtant, au départ, vous êtes parti travailler à l’étranger. Pourquoi être revenu ?

J’avais toujours en tête l’idée de revenir travailler dans l’entreprise familiale. Après le bac à Colmar, j’ai fait une école d’ingénieur à Strasbourg. En 1993, j’ai enchaîné sur une spécialisation béton armé à Paris. Ensuite, j’ai travaillé à l’étranger, trois ans au Portugal et un an en Birmanie, dans le secteur des pipelines. Si j’avais intégré la société dès la fin d’études, je n’aurais fait que ça, toute ma vie. Là, j’ai au moins fait 4 ans et demi d’expatriation. Je voulais partir à l’étranger. En 1998, je suis revenu. J’ai une âme d’entrepreneur. Mon but c’était d’être mon propre patron. Après, il y a aussi l’attachement à l’Alsace.

Sovia a bien grandi depuis 1989. Vous avez multiplié les branches ?

Effectivement. Aujourd’hui, dans le groupe Sovia, il y a trois structures principales. Il y a Sovia Aménagement, le métier de base : elle achète des terrains, les viabilise et les revend. Ensuite il y a Sovia Construction qui fait de la promotion immobilière verticale, de petits immeubles. Enfin, nous avons Olister (Le Hamo), qui est une société de promotion immobilière horizontale, sous forme de maisons en bandes ou logements intermédiaires.

À quel moment ça a commencé à prendre autant d’ampleur ?

Dans les années 2000, on a créé une structure de maîtrise d’œuvre et on a commencé à embaucher des gens. Par la suite, on a commencé à vendre nos produits, donc il a fallu des commerciaux. On a aussi embauché des techniciens pour suivre les chantiers. Ça s’est encore accéléré à partir de 2010. C’est là qu’on a vraiment décidé de faire de la promotion immobilière. Résultat, nous sommes 35 personnes avec plusieurs agences. Et même si le secteur est très compliqué, on compte peut-être s’étendre géographiquement, dans la promotion immobilière. Aujourd’hui, nous sommes un groupe régional avec 30 millions d’euros de chiffre d’affaires, mais on a encore du chemin à parcourir.

Sovia est devenu un groupe comptant une trentaine de salariés. / ©DR

Vous l’avez évoqué, le marché n’est pas au meilleur de sa forme. Quel est votre regard sur la crise ?

Je pense que nous ne sommes plus en crise, mais en période normale. Il y a eu une crise, depuis trois ans. La sortie du Covid était une période euphorique, trop. 2023, c’est là que ça a vraiment commencé à baisser. Et maintenant, on est en période normale. Les gens ont de moins en moins de pouvoir d’achat. Pour que l’immobilier reparte, il faut qu’ils aient les capacités d’acheter.

Pour cela, il faut avoir plus de pouvoir d’achat, il faut que les prix descendent. Ce n’est pas le cas. Les prix ne descendront pas, le foncier ne descendra pas. La construction ne descendra pas, les matériaux sont de plus en plus chers, les normes se durcissent. Concernant les taux bancaires, en 2021-2022, ils étaient très bas, en dessous de 1 %. Aujourd’hui c’est fini, ils sont entre 3 et 4 %. On dit qu’ils sont hauts, mais par rapport à il y a 20 ans, ils sont beaucoup plus bas. Donc je ne pense pas qu’ils vont baisser non plus. Alors comment faire ? Il faut s’adapter au marché, se montrer résilient.

La construction et la vente de terrains sont des secteurs d’avenir ?

En réalité, la question est plutôt : est-ce qu’on aura encore besoin de construire des logements neufs ? Avec le parc existant à rénover, la démographie qui baisse, la question se pose. Le dernier ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, a comme objectif la construction de 2 millions de logements jusqu’à 2030, neufs ou rénovés. Donc, a priori, même l’État pense qu’il y a encore ce besoin. La Fédération des promoteurs, dans laquelle je suis, dit qu’il faut entre 300 et 400 000 nouveaux logements par an au moins jusqu’en 2030. Notamment parce qu’il y a un desserrement des ménages avec des familles monoparentales. En résumé, je pense que les cinq prochaines années, il y a de l’avenir. Il faut des logements, mais différents de ceux d’avant. Ces derniers temps, notre rythme de croisière à Sovia, c’est entre 120 et 150 terrains vendus par an. En promotion immobilière verticale, c’est à peu près entre 50 et 80 logements. Et en maison, c’est 50 à 80 maisons.

Vous dirigez un groupe d’envergure régionale, vous l’avez dit plus tôt. Vous parvenez à déconnecter parfois ?

Le travail, ce n’est pas toute ma vie, même si pour l’instant, ça me plaît toujours (rires). On est 35 personnes, et je peux compter sur les équipes. Ma priorité en dehors du travail, ma vie, c’est ma famille. Et pour déconnecter, j’ai le sport. J’ai joué au foot toute ma vie, je fais de la course à pied, du trail. Ça me permet de garder un minimum la ligne et d’avoir des objectifs. En plus, dans l’entreprise, il y a une vraie culture sportive. On a déjà fait des trails ensemble. Alors pour vous répondre, oui l’entreprise prend beaucoup de place. Mais ce qui compte le plus, au final, ce sont mes proches.

Ses préférences

  • Un film : Gladiator, de Ridley Scott
  • Une lecture : Le journal L’Équipe
  • Un endroit en Alsace : Colmar
  • Un endroit hors d’Alsace : Le Portugal
  • Un plat : Le Francesinha
  • Un sport : La course à pied

Repères

  • 1989 : Création de Sovia par son père.
  • 1998 : Il revient en France et intègre l’entreprise.
  • 2019 : Sovia fête ses 30 ans au Parc Expo.
  • 2025 : La société intègre de nouveaux locaux à Colmar.
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