lundi 14 septembre 2026
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Des occasions de se taire

Certains hommes politiques n’en ratent pas une, m’a dit ma voisine l’autre jour. Olivier Faure, le premier secrétaire du PS a osé comparer un village incendié cet été en Gironde et Oradour-sur-Glane, victime de la barbarie nazie en juin 1944 et de si triste mémoire pour les Alsaciens ; c’est indécent et d’une bêtise crasse. Que faut-il avoir dans la tête pour dire cela ? Pas grand-chose, apparemment. Ma voisine ressent également une tendresse particulière pour Julien Odoul, encore un député, RN cette fois, encore un homme intellectuellement très séduisant. Surtout lorsqu’il prend la défense des innocents comme Patrick Bruel. Le chanteur, mis en examen pour violences sexuelles et qui ne viendra pas chanter en Alsace, a annulé sa tournée.

Bruel qui a passé sa vie à s’opposer au FN et au RN a dû se retourner dans sa tombe médiatique en écoutant les propos du député Odoul à la télé : « Pour certains, la femme, et c’est assez dénigrant de le dire, la femme est toujours une victime par définition. La femme ne peut jamais être malveillante. La femme ne peut jamais être une manipulatrice. Il en existe ! ». Sans blague ? Merci monsieur de nous éclairer sur la nature humaine, c’est vraiment important de le préciser. Il existe aussi des femmes auteure sde violences sexuelles ? Combien ? 4% en 2023 (chiffres du ministère de l’Intérieur). Il existe des gens malveillants, arnaqueurs, voleurs, et Odoul est bien placé pour le savoir. Mais le sujet n’est pas là. Le sujet est : plus de trente femmes qui ne se connaissent pas, sur plusieurs décennies, ont porté plainte contre un homme, alors qu’en France 7 % des victimes de viol, tentative de viol ou agression sexuelle ont le courage de le faire.

Julien Odoul préfère conjuguer « La » femme au singulier avec un mépris haineux. Incroyable, mais finalement pas étonnant, car dix ans après #Metoo, le député n’a pas pris position sur les témoignages des 80 femmes dans l’affaire PPDA (il doit y avoir de sacrées menteuses là aussi, monsieur Odoul), sur les affaires Abbé Pierre ou Depardieu, Hulot, etc. Non, pour lui, les hommes sont avant tout présumés innocents, ou victimes de complots. C’est évident. On ne compte plus les innocents qui dorment en prison, a ajouté ma voisine. Lorsqu’un média lui donne la parole, Odoul pourrait se rendre utile et inciter ses collègues à se pencher par exemple sur la durée de la prescription ou la prise en compte de la sérialité des faits dans les affaires de crimes sexuels. Le député n’a pas besoin de rappeler que la présomption d’innocence de Bruel existe, tout le monde le sait, mais il pourrait dire qu’elle ne signifie pas la présomption de mensonge de celles qui l’accusent.

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