Depuis la Matskathérapie, vous avez beaucoup de projets très différents. On vous retrouve plutôt sur scène, et avec plusieurs formations ?
Je joue beaucoup sous mon nom, mais aussi avec le projet Kcantà, Di Mauro Swing, la Revue scoute, et le plus de dates avec Matskat trio car c’est le retour au travail du violon jazz et du skat. C’est cet équilibre entre l’acrobatie musicale et le besoin de poésie et de douceur. Je m’amuse très facilement, mais je me rends compte que les mots sont tout aussi importants, et par moments, j’aime aussi qu’il n’y ait pas de mots. Ma musique est un équilibre entre une mélodie forte et un rapport entre l’harmonie, le rythme et les différentes langues. Comment mettre en lumière une langue, français, anglais, allemand, je travaille sur des textes de Stephan Zweig, et l’alsacien qui est ma langue maternelle.
Justement, votre actualité c’est Kcantà où vous chantez en alsacien. La part de votre langue maternelle semble grandir dans votre travail. Sa sauvegarde peut-elle passer par la chanson ?
Avec Kcantà notamment, le fait de chanter en alsacien ailleurs qu’en Alsace, à Bilbao par exemple où j’ai fait une grande scène grâce à Anne Etchegoyen qui assume de parler basque, j’ai été surpris de voir le retour du public qui ne comprend pas l’alsacien. Ici j’ai besoin d’expliquer, on fait un peu d’alsacien mais pas trop, mais plus ça avance, au contact de gens qui défendent leur langue chez eux, plus je me rends compte à quel point ces langues sont un patrimoine qu’il faut cultiver. Par la chanson, c’est peutêtre une autre manière… De façon personnelle comme j’aime changer d’instrument, je change de langue. Pour moi l’alsacien c’est doux, c’est maternel, il fait aussi voyager, réconcilie, lie aux autres, malgré le côté humoristique et imagé, c’est la paix, le bonheur, la joie.
En plus des concerts et des diffusions télé, l’album Kcantà sort le 16 octobre. Le single Je l’aime à mourir est présent sur l’album.
Ce qui est passionnant dans ce projet, c’est qu’on s’est tous rencontrés lors du premier concert et c’était hyper facile et naturel entre chanteurs de langue régionale, comme si on se connaissait depuis toujours, c’était assez magique. En tant que parrain, Francis Cabrel chantait dans un duo avec Anne Etchegoyen, la créatrice de Kcantà. Dans Je l’aime à mourir, il chante le premier couplet en français, et chacun a une petite partie. C’était passionnant de trouver une traduction, notamment sur une chanson patrimoine de la chanson française


