mercredi 26 février 2025
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Munster – Guy Michel, guidé par le respect de la vie

Agrégé d’Économie et de Gestion, il a exercé à l’IUT de Colmar, et a été vice-président de l’Université de Haute-Alsace. Très proche de la pensée d’Albert Schweitzer, il a écrit son premier livre à 77 ans. Il est également à l’origine de Mon Schweitzer, l’ouvrage écrit à l’occasion du 150e anniversaire de la naissance d’Albert Schweitzer.

Vous avez attendu la retraite avant d’écrire. Pourquoi ?

J’étais enseignant-chercheur à l’Université de Haute-Alsace, dans un domaine très loin de la littérature : l’économie et la gestion. L’informatique aussi. Des choses arides, sèches. J’ai eu envie de laisser un message à mes petits-enfants. C’est passé par l’écriture de Vivre est dangereux mais c’est tellement beau. Il est en grande partie inspiré de la pensée et de la philosophie du « respect de la vie » d’Albert Schweitzer, que je connais depuis toujours parce que je suis originaire de Colmar.

De plus, j’ai été élevé dans une ambiance protestante. En allant habiter dans la vallée de Munster, et en pensant à mes petits-enfants, je me suis dit qu’il faudrait que le respect de la vie soit autre chose qu’une simple affirmation éthique. J’ai essayé d’y apporter un plus, d’ajouter tout ce qu’il n’a pas pu connaître, notamment les découvertes récentes sur la génétique et la biologie. Et puis, qu’est-ce que ça signifie aujourd’hui ? Ça doit être quelque chose de positif, qu’on doit inscrire dans l’action et dans la pensée.

« J’ai eu envie de laisser un message à mes petits-enfants »

Justement, vous avez aussi participé à Mon Schweitzer. Qu’est-ce qui vous rapproche du célèbre docteur ?

Pour moi, c’est avant tout une pensée. Bien sûr, c’est un médecin humanitaire, le premier au monde. Il était un grand musicien aussi. Mais à mes yeux, c’est surtout un grand philosophe. L’un des grands du 20e siècle. Vers la fin de sa vie, il a dit : « Si vous voulez retenir quelque chose de moi, retenez l’éthique du respect de la vie, c’est mon plus grand apport à l’humanité ». Je le rapproche d’un autre grand penseur, Albert Camus. Deux prix Nobel français, deux grandes consciences, dont on a bien besoin aujourd’hui. Pour revenir à Mon Schweitzer, j’ai eu cette idée fin juillet 2024, alors que se préparait l’année Schweitzer.

J’avais envie d’aller plus loin alors j’ai téléphoné à Francis Guthleben et à partir de ce moment-là, le projet a démarré. L’objectif était d’en faire un livre populaire, avec de l’émotion, que la vallée de Munster s’approprie le symbole de Schweitzer.

Partir à l’aventure de la complexité, deuxième ouvrage de Guy Michel. / ©dr
Entre ces deux livres, il y en a eu un autre : Partir à la recherche de la complexité.

Celui-là est plus intellectuel. « Complexus » signifie « ce qui est tissé ensemble ». Et je n’ai jamais pu enseigner quelque chose sans parler de tout ce qui est tissé autour.

Donc dans ce livre, je raconte l’histoire de la complexité. Celle d’hier : les 3,8 milliards d’années et la complexité de la vie. Celle d’aujourd’hui : la complexité de la société, de l’humain. Et celle de demain : on est dans un monde où la vie est devenue prédatrice de la vie. L’avidité de l’homme fait que notre mode de vie tue la vie.

On n’a pas 36 000 solutions, et là je me réfère à Camus : soit on dit oui, et on se soumet, soit on dit non, et on ne renonce pas. Il appelle ça « l’homme révolté ». Schweitzer a aussi dit : « Entretenir une vie exige très souvent d’en abîmer une autre ». Ça montre qu’il avait une hauteur incroyable.

Vivre est dangereux, mais c’est tellement beau, premier livre de Guy Michel. / ©dr
Cela montre aussi, vous l’avez dit, que sa pensée est encore actuelle.

Tout à fait, c’est très actuel. Pour moi, le respect de la vie, c’est l’une des pistes pour éviter au monde d’aller dans le mur.

Pour certains, tout est foutu. Moi je ne peux pas me résigner. Albert Schweitzer a dit : « Un idéal est, pour nous, ce qu’est l’étoile pour les marins. On ne l’atteint jamais, mais il nous guide ». Aujourd’hui, il faut que quelque chose nous guide. La seule issue que je vois, c’est le respect de la vie.

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