La genèse de son histoire est à chercher du côté de Berlin, où il a vécu enfant. Là-bas, il a découvert un programme informatique pour faire de la musique. « Étant un peu geek, je l’ai téléchargé quand on a déménagé en France », se remémore Florian Schoch.
Dans les années 1990 arrive aussi la vague du Hip Hop. Cela le pousse à s’intéresser au DJing, l’art de mixer des morceaux musicaux. Le début de l’aventure, et de la passion : « J’ai tanné mes parents pour qu’ils m’achètent des platines. J’ai commencé à faire mes petits mix, que j’enregistrais sur des cassettes », affirme celui qui est connu sous l’alias Evil Needle. À l’époque, les plateformes de streaming n’existent pas.
En 2010, il transformait des échantillons de musiques trouvés sur des forums en sons hip-hop. C’est avec l’explosion de la plateforme SoundCloud, vers 2012, que de nombreuses personnes ont commencé à le suivre sur Internet.

Un artiste touche-à-tout qui se laisse porter
« Ensuite, je me suis lancé dans l’intermittence avec des shows de DJ », explique-t-il. Le début de sa professionnalisation, au milieu des années 2010. Mais c’est bien pendant le Covid que sa carrière a pris un nouveau tournant : « Le nombre d’écoutes sur les plateformes a explosé, donc j’ai monté mon entreprise. Je n’ai jamais cherché à gagner de l’argent. Ce n’était que du fun, le reste est venu petit à petit ».
Cette liberté lui a permis d’innover. Inspiré par le Wu-Tang Clan, il a commencé avec du rap français, avant de passer à la trappe dès 2015. Son dernier album, Odyssey, est tourné vers le lo-fi. Et si 80% de ses écoutes sont réalisées outre-Atlantique, il n’a jamais envisagé de partir : « J’aime l’Alsace. Je suis proche de ma famille et le calme règne ici, avec la nature, un côté humain. C’est idéal ». Idéal et manifestement très inspirant : avec son dernier projet, à 40 ans, Evil Needle culmine à 12 albums, 6 EP, et des singles comptant des millions d’écoutes.