Je suis en vie
« Je suis vie qui veut vivre au milieu de vie qui veut vivre ». Comme souvent tout au long de sa vie, il est en avance sur son temps.
Il y a pour Schweitzer un déclin, une faillite de la civilisation. La technique domine l’esprit. Le progrès est assimilé à la volonté de puissance. À ses yeux, les civilisations se définissent par la négation de la vie. Il le détaille : « Le bien consiste à conserver la vie et à susciter son développement. Le mal consiste à anéantir la vie et à l’entraver ».
Schweitzer a cherché à montrer comment la civilisation pouvait se structurer pour aboutir à une éthique intégrale, solidaire de la mystique. Et voici comment il la définit : « L’éthique est la responsabilité envers tout ce qui vit, élargie à l’infini ». On pourrait entendre derrière cette phrase la notion de compassion. Mais pour Albert Schweitzer la compassion ne désigne que la sympathie pour la souffrance de l’être qui veut vivre. Lui, il va plus loin. Il ajoute la notion d’amour qui implique le partage des souffrances, des joies et des efforts. Et c’est ainsi qu’il en arrive à définir l’éthique comme le dévouement à la vie, motivé par le respect de la vie.
« Seule la pensée qui donne force et efficacité à l’idée du respect de la vie est capable d’assurer la paix éternelle ». Ce sont les dernières lignes de son livre La civilisation et l’éthique. Il ne faut pas y entendre de l’angélisme, le sermon dominical d’un pasteur, encore moins un appel quelque peu naïf. Non, c’est un avertissement. Il l’écrit dans son ouvrage. « Nous ne disposons plus d’un temps extrêmement long, l’avenir n’est pas assuré ». Alors… quand nous déciderons-nous à écouter Albert Schweitzer et à suivre ses recommandations ?
Francis Guthleben vient de publier Albert Schweitzer intime, aux éditions AISL. L’ouvrage regroupe 100 témoignages sur le prix Nobel de la Paix recueillis dans le monde entier.
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Chronique rédigée par Francis Guthleben




