Il a tellement plu que j’ai l’impression d’être liquide, de vivre dans ma baignoire, j’attends le printemps comme le messie m’a dit ma voisine l’autre jour en revenant d’un week-end dans les Vosges. J’ai compris que je lui avais tellement plu qu’elle m’attendait comme le messie… On ne se refait pas. Ma voisine a souri de ma méprise et son visage était superbe, comme une promesse d’été. À cet instant de cette chronique, vous êtes certainement en train de vous demander si je ne suis pas complètement fou, si, dans ce monde de débilos, le romantisme a encore sa place. Eh bien je dis oui, je dis même que c’est l’un des éléments qui sauveront le monde. Je dis que notre devoir est de devenir de grands romantiques, c’est indispensable pour protéger notre monde. Bon, j’entends déjà râler les romanticosceptiques qui pensent que tout est déjà trop tard, que la planète pleure toutes les larmes de son écorce, que les ouragans détruisent les plus belles pages d’amour, que l’orage des extrêmes gronde dans le ciel de notre humanité, que le retour des beaux jours c’est pas pour demain. Je ne vais pas faire la liste des dysfonctionnements (j’ai les noms des meneurs sinon…), mais restons romantiques bordel, restons à l’écoute de la beauté, des couleurs de nos sensibilités, ne devenons pas des clones débilos (oui je sais j’ai déjà utilisé ce mot dans cette chronique), de messies qui passent leur temps à nous promettre qu’avec eux la pluie va cesser sur le champ et qui nous cracherons dessus dès de nous aurons les élections tournées. Le mois de mars commence, c’est celui du printemps et des municipales. Restons romantiques, réchauffons nos cœurs démocratiques.
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