Dans la capitale, Dinah s’ouvre véritablement à la vie artistique jusqu’en 1940. Elle fréquente les matinées de l’Opéra et du Chatelet, et rêve déjà de monter sur scène. À la Libération, elle entre à Radio-Strasbourg comme speakerine bilingue et comédienne. Elle fait ses débuts sur les planches dans un spectacle de Germain Muller, V’Ià l’Printemps au théâtre de l’Union. Un an plus tard, en 1946, elle fait partie de la première équipe du Barabli. D’emblée, le public lui reconnaît un talent exceptionnel.
Parallèlement, elle a remporté tous les premiers prix de la classe de diction et de comédie du Conservatoire de Strasbourg et assure les rôles principaux dans la troupe radiophonique de Radio-Strasbourg. En 1950, elle est engagée à Zurich dans l’ensemble d’Alfred Rasser. Un an plus tard, elle revient à Strasbourg pour interpréter le rôle de Lisa dans Pygmalion et retourne définitivement au Barabli créé par son futur mari Germain Muller avec Raymond Vogel et Mario Hirlé.
Sur scène comme à la télévision, elle incarne régulièrement la « Belle Strasbourgeoise » qui lui allait comme un gant. « Elle était la comédienne centrale du Barabli, le pilier féminin. Elle s’est imposée petit à petit à travers son talent et était capable de jouer tous les rôles, tous les personnages à la fois en alsacien, en allemand ou en français. Elle adorait ça ! », dit Christian Hahn.
Dinah a tourné dans une quinzaine de films, des séries et des documentaires, notamment Les Alsaciens ou les deux Mathilde, le récit du drame des Malgré-Nous, de l’annexion et de l’incorporation de force en Alsace. Au-delà du théâtre dialectal, elle s’est passionnée pour de multiples formes d’expressions artistiques (jazz, opéra, peinture). Également chanteuse et danseuse, elle a profondément marqué la culture et les planches alsaciennes d’après-guerre, avec passion, éloquence, exigence et ouverture d’esprit. Mère de 3 enfants ; Dominique, Patrice et Barbara, Dinah publie ses mémoires en 2004, sous le titre Une femme tout simplement.
Le 28 mars 1987, le jury de l’Institut des Arts et Traditions populaires d’Alsace lui a décerné le Grand Bretzel d’Or. La cérémonie s’est déroulée dans l’Auditorium place de Bordeaux, diffusée en direct sur FR3 Alsace avec les commentaires de Monique Seemann et Christian Hahn. La grande famille du Barabli était au complet. Germain Muller renonça prudemment à prononcer la Laudatio, il la confia à Henri Goetschy, le président du Haut-Rhin qui qualifia Dinah de Libellule en relevant au passage que la famille Faust venait du « Owerland », Soultzmatt précisément, avant de terminer en dialecte : « Un jetz, Dinah, därf er e goldiga Bratschtall im e goldige « Goldi » iwwereicha, Merci Dinah vum ganza Elsass »



