René de Miscault a toujours travaillé dans l’alcool. D’abord dans les vins d’Alsace, ensuite dans des distilleries. Jusqu’à ce jour de 1985. La Distillerie Paul Devoille, fondée en 1859 à Fougerolles, est à vendre. Le distillateur alsacien a saisi l’occasion et a repris l’entreprise.
Sur place, René de Miscault et sa famille sont tombés sur de nombreux objets anciens : « On s’est dit que ce serait dommage de les mettre à la déchetterie. Et ici, à Lapoutroie, il y avait cet immeuble, un peu en ruine. On l’a restauré en famille pour y entreposer ces objets. Ma fille, 14 ans à l’époque, a passé le Kärcher (rires) », aime-t-il raconter.
Cet ancien relais de poste du XVIIIe siècle au cœur de Lapoutroie, les De Miscault l’ont transformé en Musée des eaux-de-vie, en août 1986. Le seul du genre en France. Il dispose de pièces de collection uniques retraçant l’histoire de ces alcools.

UN PASSÉ DISTILLÉ AVEC PASSION
10 000 mignonnettes, alambics, carafes à liqueur du XIXe siècle, système de distillation, verres, ce musée plonge véritablement les visiteurs dans l’histoire des eaux-de-vie. Il attire plus de 35 000 curieux par an : « Les eaux-de-vie, c’est une histoire ancienne. Les gens ont des souvenirs en rapport avec, c’est pour ça que c’est passionnant », explique Marie-Béatrice, la fille de René. L’accès au musée est gratuit pour les visites individuelles. Pour les groupes, cela se fait uniquement sur rendez-vous avec une visite guidée de René de Miscault.

L’Alsacien est une vraie mine d’or d’anecdotes. Des eaux-de-vie, il connaît tout, ou presque. Il semble capable de raconter l’histoire de chaque objet, non sans une touche d’humour. Il distille sa passion à volonté, abreuve les visiteurs de son savoir. Cela devrait continuer de plus belle cette année, pour les 40 ans du musée. À cette occasion, l’établissement et la distillerie ont concocté une surprise, « une édition limitée d’eau-de-vie de mirabelle vieillie en fûts », annonce Marie-Béatrice. Les De Miscault savent comment fêter un anniversaire.
L’info en plus
Marie-Béatrice, s’occupe notamment de la Brasserie du Pays Welche, en face du musée. Son frère, lui, a repris la distillerie avec sa femme.




