vendredi 3 juillet 2026
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L’homme aux mille et une roses

Son conservatoire génétique est unique. Ici, Pascal Heitzler abrite de nombreux variants de roses. De cette fleur, le scientifique connaît tout, ou presque.

Il se tient là, derrière un portail en fer forgé noir et à la peinture écaillée, au milieu des fleurs chatoyantes. Dans ce conservatoire, Pascal Heitzler, chercheur en génétique, se penche sur l’évolution et la génétique des plantes depuis une trentaine d’années. Il a fondé ce jardin expérimental pour l’étude des rosiers, afin de « valoriser ce patrimoine assez conséquent », dit-il. Il abrite ici près de 1 200 variants d’une espèce de rose, la Rosa arvensis : « J’ai commencé en 1990 à cultiver des pommiers et des rosiers dans l’idée d’en faire de la génétique. C’est-à-dire de pouvoir suivre des générations et comprendre l’hérédité des caractères », explique-t-il avec passion.

Après s’être d’abord dirigé vers la génétique des insectes, Pascal Heitzler s’est réorienté vers celle des roses, car il y a vu la possibilité de répondre à des questions « brûlantes » sur ces fleurs : « Comme les problèmes d’indomesticabilité, d’hérédité, de principes actifs ou l’organisation de la pigmentation ». Résultat, aujourd’hui, cet homme est une encyclopédie des roses.

LE SECRET DES ROSES

Il existe de nombreuses espèces de rosiers et plus encore de variants, essentiellement dans l’hémisphère nord. La rose est une plante qui a su s’adapter à différents environnements. Selon Pascal Heitzler, l’étudier « sensibilise sur les choix que peut faire la nature pour avancer vers des générations de plantes qui vont s’adapter aux changements de l’environnement. C’est passionnant ». C’est, enfin, une fleur aux multiples utilisations. Grand public d’abord, avec des cultures horticoles dont la production est à destination des consommateurs.

« Il y a un aspect cosmétique aussi. Et la rose Bourbon, découverte à la Réunion, sert dans la pharmacopée », ajoute-t-il. Toutefois, même pour lui, les roses renferment encore bien des secrets. Et Pascal Heitzler compte bien les percer à jour : « L’idée, c’est de créer un rosarium, qui permettrait d’avoir une grande superficie pour le grand public, de garder une surface expérimentale, et de protéger les cultures anciennes et les anciennes variétés », conclut-il.

Article issu d’un reportage TV7 Colmar

LE CHIFFRE

90

En millions d’années, c’est le nombre d’années auxquelles remonte l’apparition des roses.

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