Les vitres translucides de la serre donnent un aperçu de l’intérieur intrigant. Devant, une longue planche en bois posée sur des étaux accueille des objets en céramique. Ce sont les créations d’Alain Kern. Et cette serre est son antre, l’Atelier Terre & Bois. À l’intérieur, l’émerveillement se dispute à la curiosité. Un arbre dont les branches s’entremêlent au plafond se trouve au centre. Bols, tasses, vases et autres créations occupent le reste de l’espace.
Le céramiste a découvert ce lieu grâce à sa précédente activité de pépiniériste spécialiste des plantes carnivores : « Il y a 4 ou 5 ans, j’ai transformé l’endroit pour en faire un lieu d’accueil et d’expression artistique autour de la céramique et de la poterie », explique-t-il.

LA LIBERTÉ D’EXPRESSION RENCONTRE LA LIBERTÉ DE CRÉATION
Céramiste, c’est la suite logique du parcours d’Alain Kern : « Le besoin de créer est le fil conducteur de ma vie. J’ai fait de la photographie, de la peinture, toujours en loisir. Ça accompagnait ma vie ». Aujourd’hui créer est son métier. Pour lui, la terre a cela de fascinant qu’elle « se travaille du bout des doigts. L’imaginaire est directement connecté à nos outils : nos doigts. C’est un raccourci incroyable pour créer », s’enthousiasme-t-il. Dans son atelier, deux approches dominent.
La première est utilitaire, des objets du quotidien tels que des tasses. La deuxième est d’ordre contemplatif, artistique, avec des objets lui permettant de donner vie à « une expression beaucoup plus personnelle de ce que je ressens ». De plus, il travaille le grès avec une cuisson haute température, donnant aux pièces une durabilité plus longue. Il arrive aussi que, parfois, Alain Kern ne soit plus seul dans son repaire, lors d’ateliers découverte accessibles à tous. Il a créé plusieurs formats, comme la découverte du tour de potier ou le travail à la plaque. Pour lui, « c’est un moment de partage plus qu’un atelier technique. Cet endroit existe aussi parce qu’il est ouvert aux autres. C’est devenu une respiration dans mes semaines ». Nul doute que ça l’est devenu aussi pour ses apprentis céramistes.
Article issu d’un reportage TV7 Colmar




