Pour ceux qui ne connaîtraient pas, qu’est-ce que l’ESCM ?
C’est une école de commerce présente en Alsace depuis plus de 15 ans. Vous retrouvez chez nous des formations de bac+2 au mastère, plutôt en alternance. L’étudiant va faire un cursus en initial ou en alternance et va être formé à des métiers assez classiques, aux quatre piliers de l’entreprise : ressources humaines, gestion – finance, marketing et communication digitale. Tous nos diplômes sont reconnus, certifiés par l’État, et le taux de réussite est plutôt bon, supérieur à 70 voire 85% en BTS. Là où on fait la vraie différence, c’est sur les titres supérieurs certifiés. On est à 100% de réussite en bachelor et en mastère. C’est une grande fierté.
En Alsace, l’ESCM est historiquement implantée à Strasbourg. L’antenne colmarienne est plutôt récente ?
Oui, Colmar c’est jeune. Nous en sommes à notre troisième rentrée. Avant nous étions dans des locaux provisoires qu’on partageait avec des professionnels. C’était rigolo d’arriver à Colmar et d’être tout de suite dans le réseau pro comme cela (rires). On était donc présents en toute discrétion les deux premières années. Puis en mai 2025, notre super campus au 42 avenue de la République a été livré ! On s’est installés dans les anciens locaux du Crédit Lyonnais. Maintenant, nous sommes beaucoup plus affirmés, beaucoup plus exposés.

La présence d’une telle école aide-telle à garder les talents locaux ?
Clairement, et c’est important de le dire. Aujourd’hui à Colmar, on peut faire des études supérieures, quel que soit son milieu socioéconomique. On peut garder nos talents colmariens. Parmi les étudiants qu’on a eus pendant 15 ans à Strasbourg, nombre d’entre eux se levaient à pas d’heure et venaient de Mulhouse, de Colmar. En nous implantant ici, on leur facilite la vie. Surtout, on apporte une possibilité d’alternance aux entreprises du coin. C’est quand même une agilité par les temps qui courent. Les comptes d’exploitation des entreprises sont ce qu’ils sont. Les temps sont durs, avec un chassé-croisé au niveau des générations. Alors, travailler avec ces jeunes, ça aide à la transformation des entreprises.
« Mon management est ainsi : tout en proximité et en exigence »
Quel est votre rôle dans cette jeune antenne ?
Je suis responsable du campus, donc je suis un peu comme une directrice d’école (rires). Je suis responsable directe du staff interne qui m’aide dans la gestion de l’école. Sans oublier mes relations avec les entreprises, la présence sur des salons, le recrutement des étudiants et tout un rôle de pédagogie.
En parlant de pédagogie, comment définiriez-vous votre « management » ?
Il y a un côté humain. C’est dans l’ADN de l’école. On a deux valeurs depuis la création, qu’on n’a jamais lâchées : exigence et proximité. Mon management est ainsi : tout en proximité et en exigence. C’est important que tout le monde s’exprime. Mais s’il n’y a que de la proximité, ça donne une bande de potes. S’il n’y a que de l’exigence, ça ne va pas non plus parce que tout le monde n’ose pas s’exprimer. Notre promesse, c’est donc d’accompagner les étudiants avec un cadre et de la proximité. Le tout sur un campus à taille humaine. On n’aura jamais mille étudiants. On ne le veut pas. Les 100 que nous avons en ce moment, je les connais tous.

Comment a débuté votre aventure à l’ESCM ?
J’ai 43 ans. Si on remonte 10 ans en arrière – j’en avais un petit peu moins (rires) – au moment où je suis devenue intervenante pour l’école, j’avais déjà deux grosses expériences professionnelles derrière moi. J’ai travaillé pendant longtemps pour la BNP, puis pour Leroy Merlin. Je viens du terrain, du marketing. Je suis d’abord devenue intervenante en marketing et en gestion de projet à l’ESCM. L’école a accéléré son développement pendant et après la pandémie. La réglementation de l’État a beaucoup favorisé l’alternance, créant pas mal de demande, et le poste de responsable pédagogique a été créé. Poste que j’ai pris. J’ai entièrement intégré la structure en 2021. Puis Colmar a ouvert. Depuis février 2025, en plus de mes fonctions de responsable pédagogique groupe, je suis responsable de ce campus.
Pourquoi être devenue intervenante et ne pas avoir continué votre carrière ?
J’ai acté ma reconversion professionnelle chez Leroy Merlin, un poste que j’aimais beaucoup avec une équipe de 40 personnes. Je me suis rendu compte que là où je trouvais le plus de sens, où j’étais meilleure, c’était dans la formation et l’accompagnement. J’ai fait un bilan de compétences et j’ai monté ma microentreprise pour proposer mes services à différentes écoles de commerce à Strasbourg, dont l’ESCM. La suite, vous la connaissez. C’est une histoire de rencontres et de valeurs.

Ce qui vous fait vibrer aujourd’hui, c’est donc l’envie de transmettre aux jeunes alsaciens ?
Ce que j’aime le plus ici et ce qui m’a fait accepter de redevenir salariée, c’est la relation avec les étudiants et le fait qu’à l’ESCM, on n’a pas peur de se remettre en question. Il faut savoir les écouter et les garder motivés. Cette perpétuelle remise en question et évolution, ça me plaît. On les forme aux métiers de demain, dans lesquels ils devront être super agiles. Si nous, on ne leur montre pas qu’on est agile, ce n’est pas crédible. Donc je trouve ça intéressant de se montrer exemplaire et d’apporter des choses à ces jeunes, au moment où ils vont entrer sur le marché du travail. Mon objectif maintenant, c’est que l’ESCM devienne une évidence si on a besoin d’un alternant. J’aimerais bien qu’on soit l’école de commerce préférée du coin. Ça passe par plusieurs éléments. On est par exemple sponsor du club de rugby. Je veux faire connaissance et soutenir les acteurs locaux, pour confirmer notre volonté de faire avancer la région.
Le chiffre
300
C’est le nombre d’étudiants de l’ESCM en Alsace. 200 d’entre eux sont à Strasbourg, et 100 à Colmar.
Ses préférences
- Un genre de film : Les comédies musicales
- Un écrivain : Marcel Pagnol
- Un artiste musical : Orelsan
- Une cuisine : La cuisine asiatique
- Un endroit hors d’Alsace : New York
Repères
- 1996 : Un séjour scolaire à Rome lui donne le goût du voyage
- 000 : Rattrapages du Baccalauréat : « Je n’ai plus eu peur de m’exprimer en public après ça »
- 2008 : Elle gère un incendie dans le magasin où elle travaille : « C’est réellement ce jour-là que je suis devenue manager »
- 2017 : Elle dîne au restaurant étoilé Hakkasan à Londres, une « expérience incroyable »



