Avant de devenir Kéwos, qui est Kévin Ringenbach ?
J’ai grandi à Guebwiller. En âge d’étudier, je me suis lancé dans un CAP sellerie. J’ai tout de même passé huit ans de ma vie investi dans ce domaine. Autrement, j’ai vécu diverses expériences professionnelles. J’ai toujours été paumé. J’ai eu du mal à trouver ma voie. Je me suis accroché à l’idée d’une vie bien rangée : un CDI, une famille et une maison. Une mentalité très forte chez nos parents et nos grands-parents. C’était la quête de ma vie, mais ça n’a fait que foirer. J’ai travaillé dans un magasin bio, dans un Décathlon et même dans une usine de cartonnage. De plus, je me suis toujours considéré comme « nul » dans ce que j’entreprends (rires). Je l’ai toujours pris avec beaucoup d’ironie et c’est pour cela que j’ai décidé de porter ces années de galère sur scène.
Quel a été le déclic pour monter sur scène ?
On m’a toujours dit que j’étais drôle. Des proches m’ont souvent conseillé de monter sur scène. Pendant longtemps, je n’y faisais pas attention. Je ne suis pas issu d’une famille d’artistes. C’était difficile pour moi de me projeter. À un moment, j’ai eu l’impression de tout perdre dans ma vie, donc j’ai décidé de me lancer, d’essayer, de découvrir un nouvel horizon. La découverte du théâtre, c’était une « claque dans la gueule ».
« J’utilise l’humour et je joue avec les émotions. »
Où avez-vous fait vos débuts ?
En 2021, j’ai décidé de rejoindre une troupe de théâtre voisine, En aparté, basée à Richwiller et dirigée par Nicole Tyrlik. Au départ, le stand-up était une idée lointaine. Je savais déjà que j’aimerais faire rire les gens. Dans mon quotidien, faire des blagues me fait me sentir moins nul. L’humour m’a un peu permis de trouver ma place. Avant de me lancer dans le stand-up, je voulais d’abord faire du théâtre, pour me donner le courage de monter sur scène, mais surtout pour m’y habituer. En août 2021, j’ai enchaîné avec une semaine de stage à l’école du One Man Show de Paris. L’idée était d’y apprendre les ficelles de l’humour, à écrire un sketch, etc. À la fin de cette semaine, nous devions jouer sur scène ce que nous avions écrit. C’était ma première scène. C’était énormément de stress, mais c’était une superbe expérience. J’ai passé un très bon moment et j’étais convaincu d’avoir trouvé ma voie.
À quoi ressemblaient vos débuts ?
De retour en Alsace, j’ai commencé à démarcher pour trouver des scènes. En décembre 2021, j’ai fait ma première scène en solo au Brivan, une scène ouverte mobile qui se déplace dans le Haut-Rhin. J’en garde un super souvenir. Dans la foulée, mon réseau a grandi, puis tout s’est lancé presque tout seul. Les scènes se sont enchaînées dans la région.
En plus de la scène, vous vous êtes aussi tourné vers l’acting…
En effet. J’ai eu quelques expériences intéressantes. J’ai notamment joué dans la série Tapie, la série biographique consacrée à Bernard Tapie, diffusée sur Netflix. J’ai été choisi pour mon physique, et notamment pour ma ressemblance avec Rudi Völler, qui jouait à l’OM lorsque Tapie possédait le club. J’ai été contacté sur les réseaux et je croyais à une blague. On me demandait des photos de mon mulet et des photos torse nu. C’était super bizarre. Ça sentait l’arnaque à plein nez ! (rires) Pourtant, c’était vrai. Une semaine après, le directeur de casting m’écrivait. Résultat des courses : j’ai participé à neuf jours de tournage mais je ne suis apparu que trois secondes à l’écran. À la télévision, je suis aussi apparu dans les séries César Wagner, Face à face et Scènes de ménages, mais aussi des téléfilms tels que Le livreur de Noël ou Le Noël de Monsieur Hubert. Au cinéma, j’ai participé aux tournages de L’Amour ouf, mais j’ai été coupé au montage, et de Claude, un film avec André Dussollier et Kyan Khojandi, qui sortira début décembre au cinéma.
En plus de l’humour sur scène et de l’acting, vous vous mettez aussi en scène sur les réseaux sociaux. Quel succès !

J’ai souhaité développer ma présence sur les réseaux sociaux dès mes débuts dans le théâtre. J’ai testé des choses, j’en ai arrêté certaines et j’en ai continué d’autres. Très vite, un délire de soirée entre potes s’est imposé comme ma marque de fabrique. Sur les réseaux, je me suis fait connaître pour imiter LE grandpère alsacien typique. Ce dernier est inspiré de mon grand-père, de tous les anciens de manière générale, mais surtout de notre vécu commun. En vidéo, j’aborde des thématiques précises du quotidien. Je me filme face caméra et le grand-père parle en arrière-plan. À l’image, on ne me voit que moi, Kéwos, avec mes réactions et mes relances. Je n’ai pas hésité à intégrer ce personnage dans le spectacle. Les gens sont contents de le retrouver. Ça leur rappelle très souvent des souvenirs. J’essaie de sortir une nouvelle vidéo chaque mercredi.
Un mot sur votre spectacle, Employé modèle ?
Je reviens sur mon parcours semé d’embûches, sur les hauts et les bas de la vie de travailleur, sur mes galères professionnelles, sur mes doutes et mes échecs. J’utilise l’humour et je joue avec les émotions. Ce spectacle, c’est du vécu.
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