vendredi 19 juillet 2024
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Patrick Breitel – L’incontournable Albert

« Je m’appelle Albert, j’habite là derrière, dans la vallée de Munster… » Les Alsaciens, petits et grands connaissent tous cette chanson qui est devenue un classique du folklore régional et des fêtes de village. Instituteur à la retraite, musicien autodidacte, son auteur ne s’attendait pas à un tel succès. Rencontre avec le malicieux Patrick Breitel. Oui, il ne s’appelle pas Albert, comme certains l’ont cru. C’était pour la rime bien sûr !

Albert de Munster est devenu un tube dans toute l’Alsace. Pouvez-vous nous raconter l’histoire de cette chanson ?

C’est une vieille histoire ! Je l’ai composée en 1998 à l’occasion d’une soirée Deschiens organisée par des amis. À cette occasion, j’ai écrit une chanson qui parlait de gens qui vont faire leurs courses au supermarché en jogging. J’ai rédigé quatre ou cinq strophes dès le début. Je l’ai chantée devant les copains et ça les a bien fait rire. Ensuite, pendant plusieurs étés j’assurais l’animation dans un bar-restaurant à Munster, je chantais de la variété française et puis j’ai entonné cette chanson et ça a tout de suite bien marché.
J’ai sorti le disque en 2008, je l’ai appelé Amuse-gueules. Si j’avais su, je l’aurais appelé Albert ! Il a eu un énorme succès. J’en avais commandé 500, au bout de trois semaines, il n’y en avait plus. J’en ai de nouveau commandé 500, au bout de trois semaines il n’y en avait plus. Puis j’en ai commandé 1 000. Au final, j’en ai vendu dans les 10 000. Pendant cinq-six ans, ça a été le gros rush.

Vous avez ensuite enchaîné les spectacles…

Oui, jusqu’en 2019 j’ai fait beaucoup de concerts dans toute l’Alsace, de Wasselonne à Saverne jusqu’à Altkirch. Entre les soirées publiques et privées, j’avais une cinquantaine de dates par an ! J’avais pris ma retraite en 2010 donc ça m’a bien occupé !

Vous vous attendiez à un tel succès ?

Non, je ne m’y attendais pas. Je ne pensais pas que ça allait s’inscrire dans le répertoire alsacien. Je sais qu’Albert de Munster se joue dans les fêtes de village, je l’ai même entendue sur des pistes de ski. Je sais qu’elle est passée au Canada, en Amérique du Sud… partout où il y a des Alsaciens. Et un jour, j’ai reçu un coup de fil de Philippe Kalt, arbitre international de football qui m’a demandé si je voulais aller chanter à Monaco, où le Prince Albert serait présent. J’ai cru que c’était une blague ! Avec l’association des Alsaciens de Monaco, il a organisé un dîner et m’a invité. Donc j’ai composé cinq ou six strophes pour Albert de Monaco et ça a été un succès. Le prince était très sympa. Après, j’y suis allé encore cinq fois. Il m’a dit qu’il avait les paroles de ma chanson sur son bureau !

Ça vous fait quoi d’être une star ?

Disons que ça me fait plaisir de rassembler les Alsaciens. Et ce qui me fait drôle c’est de me dire qu’un Alsacien sur deux connaît la chanson Albert de Munster. Ce côté dérision amuse les gens.

Vous aimez jouer sur les clichés alsaciens ?

J’essaie de faire ça avec finesse, pas comme certains groupes qui frisent avec la vulgarité.
Certaines personnes m’ont reproché de me moquer des Alsaciens, mais c’est de l’autodérision. J’amène un sourire. J’ai cherché ce qu’il y avait de commun aux Alsaciens : Rimini, les marchés aux puces, la fête des jonquilles… Le principe c’est de l’observation.

Vous aimez toujours chanter cette chanson ou vous en avez marre ?

Je l’aime toujours. Quand je vois que ça réjouit les gens, ça me fait plaisir.
Quand je vais dans les maisons de retraite et que je vois les sourires, je suis content.
Cela permet de passer un bon moment en chanson. Mais maintenant j’ai levé le pied au niveau des concerts. Je fais juste des petites représentations dans les maisons de retraite de la vallée et à Wintzenheim. Je participe à des événements comme la Vallée des Contes en octobre, où j’anime une soirée dans une ferme-auberge. J’anime aussi des fêtes montagnardes avec le Club vosgien. Et je chante dans le chœur d’hommes de Griesbach-au-Val avec les baritons. Nous avons une date de concert en octobre prochain. Nous allons peut-être chanter La cane de Jeanne de Georges Brassens que j’ai traduite en alsacien.

 

Coucou les Maxi Lecteurs 🐥

Aujourd’hui, nous avons eu l’immense privilège d’accueillir Patrick Breitel – célèbre chanteur d’ Albert de la Vallée de Munster

Il a accepté de partager avec nous et vous biensur une strophe inédite de ce tube connu de tous les Alsaciens 🥨

🎵 je m’appelle Albert, j’habite là derrière, …. (Vous connaissez la suite)

#chant #alsace #hautrhin #maxiflash68 #munster #valleedemunster #chanson #alsacien

Publiée par Maxi Flash – Colmar Vignoble & Plaine sur Mardi 19 mars 2024

 

Vous avez toujours fait de la musique ?

Oui, mais je suis un autodidacte. J’ai pris la guitare de ma sœur à 13-14 ans et j’ai appris tout seul. Puis, j’ai appris la flûte, l’harmonica et depuis quelques années je me suis mis à l’accordéon. Mes parents ont chanté à la chorale toute leur vie et il y avait un piano à la maison.

À quel âge avez-vous écrit vos premières chansons ?

Je faisais du handball dans un club et à seize ans, après les matchs, je prenais la guitare et je chantais. Je faisais l’animation en chantant des chansons du répertoire français et des paroles rigolotes de ma composition. Ensuite, pendant ma carrière d’instituteur, j’ai composé beaucoup de chansons pour les enfants. J’ai d’ailleurs sorti deux CD de chansons pour enfants après le premier disque Amuse-gueules.

Vous avez eu des groupies ?

Oui, ma plus grande fan est une dame de 85 ans qui habite à Strasbourg. Elle est venue à tous mes concerts. D’ailleurs quand je chantais Albert et qu’elle était dans la salle, je changeais les paroles : je disais Irène à la place de Madeleine. Elle se désole parce que je ne donne plus de concerts. Elle m’a écrit il n’y a pas longtemps pour me souhaiter ma fête, à la saint Patrick.

Vous ne faites plus de concert, mais vous ne vous ennuyez pas…

Non, j’ai de quoi m’occuper ! Je prends mes instruments et je joue de la musique tous les jours. Et puis j’aime bien tout ce qui touche à la nature. Je fais des balades, j’observe les oiseaux. Avec ma femme, on aime bien voyager.

Qu’est-ce qu’elle a de si particulier la vallée de Munster dont vous parlez dans votre chanson ?

C’est une belle vallée ouverte, avec des paysages différents, des lacs, des crêtes… il y a beaucoup de possibilités de promenades et les sentiers sont très bien entretenus.

C’est ça le secret pour bien vieillir : des balades bucoliques et de la musique ?

Oui, la musique ça conserve et ça donne de la joie !

 

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