jeudi 18 juillet 2024
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Wesserling – Les Jardins Métissés interrogent les valeurs de notre monde

La Fontaine aux fleurs pourrait à peu de choses près être la thématique de cette 20ème année du festival des Jardins Métissés. Parce qu’emprunt à la poésie florale le cours de notre monde s’y drape dans celle d’une fable heureuse ou capricieuse. C’est selon et sans conteste, l’occasion de réfléchir notre rapport aux autres.

Et si Jean de La Fontaine se jouait de la nature, laissait voguer ses rimes et ses mots taquins sur les flots des herbes folles ?

Sur des textiles soyeux et leurs imprimés, issus de la Grande Chaufferie du parc industriel de Wesserling. Sur une grande voile de bateau éphémère ou bannières de tissus dansant dans l’une des parcelles bordant le château éponyme jusqu’à ce que Dame fourmi se laisse joliment distraire dans sa tâche par le rythme chantant de Dame cigale. Prendre le temps, ou plus précisément, se donner le temps de savourer le temps pourrait être l’une des poésies à retenir de ces Jardins métissés qui, depuis vingt ans, n’en finissent plus d’éblouir petits et grands.

L’idée ? Inspirée d’autres lieux, plus à l’Ouest, comme le Festival International des Jardins, un laboratoire de la création contemporaine dans le domaine végétal et de la création paysagère qui est alors ausculté de près par les équipes de Wesserling. Séduits par la poésie de leurs voisins occidentaux, ceux-ci s’en inspirèrent et commencèrent à raconter leur propre histoire culturelle, en associant, à leur tour, œuvres d’art et aménagements paysagers, en lien avec leur passé textile régional. Pour Ludivine Iltis, responsable communication et marketing du Parc, l’occasion de promouvoir ici « des conceptions paysagères uniques, des infrastructures originales, des expositions photo qui racontent des histoires et vous immergent dans une aventure sensorielle », à chaque été renaissant.
Mais attention, car là intervient tout le génie de La Fontaine. Loin d’affabuler, celui-ci pousse un peu plus à la réflexion en nous abreuvant de fables à méditer. Autour d’une Grenouille géante faite de branchages et autres matériaux respectueux de cette nature sans laquelle nous ne serions pas ou plus, pour mieux nous interroger sur notre besoin à trop vouloir nous faire bœuf. Que penser, aussi, de ces autres fables mises en floralies : du rat des villes et rat des champs, frelons et mouches à miel, petit poisson et pêcheur, lièvre et tortue ? Que penser, enfin, de cette œuvre où plus de 20.000 fourchettes se piquent d’un faux gazon bleu électrique ? Pourquoi, comment ?

Un fromage pourrait bien tomber, figure allégorique de la table dressée. / © communication Parc Wesserling

Nombre de mystères et d’interrogations, il est vrai. Mais tous en lien avec notre quotidien, de la surconsommation à la pollution des eaux, en passant par notre solidarité circonstanciée, et qui appellent à un autre regard sur nous-mêmes et sur ce monde qui inspire… ou non. Presque une réflexion immersive entre deux phases électorales sorties d’un écran de verdure clair ou opaque. Rien que pour cela, presque une salubrité publique que de prendre le temps de cette réflexion paysagère.

Christophe Nonnenmacher

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