jeudi 18 juillet 2024
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Turckheim – La légende du dragon

Amateurs des séries Game of Thrones ou House of the Dragon, Turckheim pourrait être un lieu fait pour vous. Car les dragons – au moins un – font bel et bien partie du quotidien des habitants de la ville.

Cohabiter en 2024 avec un dragon est-il possible ? Oui, si l’on en croit une légende née d’une époque où la région de Turkcheim était encore « recouverte par les eaux d’une mer intérieure nichée entre la Forêt-Noire et les Vosges », narre Benoît Schlussel, maire de la ville. Un temps, celui des dragons, où l’un d’eux venu d’Allemagne « choisit de venir voir ce qu’il se passait de ce côté-ci du rivage et d’y élire domicile, sur la proche colline du Brand ». Un jour, raconte la légende officielle, « le soleil jaillit derrière les nuages, vif et brûlant. Le dragon ne supporta pas ses rayons et s’engagea dans une folle bataille avec lui. Il cracha ses flammes sur le soleil et le somma de le laisser en paix. Impassible, son adversaire ne fit cependant que briller de plus belle ». Affaibli dans un combat qu’il ne pouvait remporter, le dragon se réfugia à l’ombre d’une grotte, à Turckheim, aujourd’hui baptisée Drachenloch ou Trou / Grotte du dragon. Le lendemain, poursuit la légende, et après un ultime assaut, la créature rendit grâce. « Ses écailles fondirent et son sang bouillant se déversa sur la colline alors qu’il rejoignait son antre pour y passer ses derniers instants ». Mais comme un gage d’éternité et de reconnaissance à cette région qui l’avait accueilli, le dragon, en déversant son sang, offrit un sol d’une rare fertilité dont se nourrirent, bien après, les vignes d’exception plantées par Noé, pour certains, par les villageois, pour d’autres.

À fleur de coteaux, le « Drachenloch » ouvre les portes de sa légende. / ©Alain Berton

En hommage, les viticulteurs de Turckheim continuent à célébrer la créature, devenue l’un des emblèmes de la Ville : lors de l’ancienne fête du vin, par la pose d’enseignes ou de pas de portes à son effigie, à la mise en bouteille de la Cuvée Légende de la Cave de Turckheim, jusqu’à ce dragon posé sur les tuiles vernissées de l’hôtel des Deux Clés. Certains, certes, n’y verront qu’une fable, mais d’autres, comme la grand-mère de Benoît Schlussel, une part de réalité – sait-on jamais – au point de déconseiller aux plus jeunes de s’aventurer trop loin dans le Drachenloch, de peur, peut-être, de réveiller le dragon.

En ville, le dragon n’est jamais bien loin et conte son histoire. / ©V. Hermann

Christophe Nonnenmacher

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