Son histoire débute en Bosnie-Herzégovine. Jeune, déjà, Velibor Čolić a été attiré par les livres : « Enfant, j’aimais le football et la musique. Mais j’étais très maladroit, mauvais. Viré du foot et du rock’n’roll, il me restait la littérature (rires) », retrace-t-il avec humour. La littérature, chez lui, a d’abord été une passion, puis un métier. Aujourd’hui, « c’est un destin », dit-il. Le sien, de destin, est unique. Velibor Čolić a suivi des études littéraires à Sarajevo et à Zagreb, avant de travailler comme journaliste rock et jazz.
Puis la guerre est arrivée. Enrôlé dans l’armée, il a déserté, avant d’être arrêté, puis emprisonné. Il est néanmoins parvenu à s’échapper. Le début de l’exil. En 1992, il a débarqué à Strasbourg.
UNE PLUME SANS FRONTIERES
Depuis, il est devenu un écrivain reconnu. Son premier livre, Les Bosniaques, est sorti en 1993. Il y raconte la guerre. Son histoire est le fil rouge de beaucoup de ses productions. Depuis 2016, il s’est aussi lancé dans une trilogie sur l’exil avec Manuel d’exil : « Mon histoire est celle de l’homme qui reste, pas celle de celui qui part. Je raconte pourquoi je suis venu, l’absurdité de la guerre. Je mets de l’humour, parce que je considère la comédie plus sérieuse que la tragédie ».
Son histoire est également celle du dépassement des frontières. L’auteur a vécu en Bretagne, à Budapest, à Bruxelles et plusieurs fois en Alsace : « L’Alsace reste dans mon cœur, j’ai une histoire intime avec elle. C’est l’écho d’une partie de ma culture. Il y a aussi cette idée que les frontières ne sont pas loin, ça me plaît ». Et dès 2008, il est passé de sa langue natale au français pour l’écriture. Il est devenu son propre traducteur.
Pour récompenser cela, l’Académie d’Alsace des sciences, lettres et arts lui a remis le prix Maurice-Betz le 18 mai à Colmar. Une distinction créée en hommage au traducteur du même nom. Le Français d’adoption ne se repose pas pour autant sur ses lauriers. Fidèle à sa productivité, il s’attelle déjà à la finalisation de son prochain roman, attendu pour 2027.
L’info en plus
Le prénom Velibor, d’origine slave, signifie « grand sapin ».




