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Stephan Deneuvelaere : Une histoire de confiance

Mariages, naissances, portraits ou photos pour des coiffeurs : Stephan Deneuvelaere aime varier les sujets. Installé au studio Dundeephotos à Epfig, il mise sur la confiance pour saisir les émotions et accompagner les familles au fil des années.

Comment êtes-vous devenu photographe ?

Dans ma famille, il y a toujours eu des photographes, de passion ou de métier. Mon père, mes oncles… J’ai grandi là-dedans. J’ai eu l’appareil de mon père entre les mains à 5 ans. Mon père n’est plus là, mais l’appareil l’est toujours au studio. Au début de mon activité, je photographiais mes clients dans mon salon, en poussant les meubles ! Aujourd’hui, le studio est un point d’ancrage. Je me déplace aussi à Paris, au Luxembourg, en Belgique ou en Suisse. J’aime travailler à l’extérieur, dans des environnements différents.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce métier ?

C’est un échange permanent avec les gens. Je travaille pour ça. Il faut que le courant passe : si le premier rendez-vous se passe mal, je préfère refuser. J’essaie de me faire oublier pour saisir des moments uniques. Des clients viennent pour leur mariage, puis reviennent pour une grossesse, une naissance ou l’anniversaire du grand-père… Je veux raconter leur histoire, année après année, et leur remettre un bel album. Je photographie aussi les chiens et les chats : ils font partie de la famille ! Quand quelqu’un me dit qu’il ne s’aime pas en photo, le but est de lui donner confiance pour qu’il reparte fier de son portrait. Sur une séance d’une heure et demie, on jette les photos de la première demi-heure ! Il faut laisser aux gens le temps de lâcher prise.

Mariages, reportages, coiffure… Comment vous adaptez-vous ?

Sur un mariage, il faut anticiper la fin du discours du maire ou du prêtre, un mouvement du marié… Si l’on reste concentré sur la technique, on risque de rater le reste. Pour capter une émotion, je regarde dans le viseur de l’appareil : tout se joue à une fraction de seconde. C’est le regard et l’expérience qui font la différence. Pour les photos de coiffure, il faut parfois plusieurs semaines de préparation et dix à quinze personnes sur place. On peut commencer à 9h et finir à 2h du matin, puis passer dix à quinze heures à retoucher une seule photo. Certaines de nos images ont été diffusées jusqu’à Hong Kong ou Pékin. Il y a aussi les imprévus ! À Paris, certaines prises de vue nécessitent une autorisation. Pour ne pas poser de trépied au sol, j’avais utilisé une valise comme support pour mon éclairage. J’étais au Trocadéro, je photographiais une mannequin en robe de mariée quand des touristes sont passés devant mon objectif. La police est arrivée… et les a écartés pour que je puisse continuer avec la tour Eiffel derrière ! C’était magnifique !

La plus belle photo de Stephan, prise en Corse. / ©STEPHAN DENEUVELAERE

Quel regard portez-vous sur l’évolution de la photographie ?

Il y a toujours cette course au nombre de pixels, mais on sent aussi une envie de revenir aux photos instantanées, comme le Polaroid. Je fais encore des photos sur pellicule avec un Hasselblad, notamment sur certains mariages. Les gens me regardent bizarrement quand je sors ce gros et vieil appareil ! L’intelligence artificielle peut nous aider en retouche : enlever un lampadaire gênant prend moins de temps. Ce qui m’inquiète, c’est que, sur les réseaux sociaux, on ne sait plus toujours si l’on regarde une vraie photo ou une image entièrement fabriquée. Il faut garder du recul.

Quelle photo vous tient particulièrement à cœur ?

Une photo de couple prise en Corse. J’avais repéré ce lieu cinq ou six ans auparavant, lors d’une formation au pilotage de drones, et je voulais y revenir pour une séance. Fin 2025, j’ai rejoint sur l’île un couple que je photographie depuis 2015. Je me suis retrouvé à un kilomètre de cet endroit ! Je leur ai dit : « Il faut vraiment qu’on aille là-bas faire nos photos ! ». Les astres se sont bien alignés. Elle est aujourd’hui accrochée au studio et je l’aime énormément. En Alsace, j’aime aussi nos vieux châteaux, qui ont tous une âme et une histoire. Je cours et je marche beaucoup en montagne : j’y découvre des lieux où emmener les couples. Il faut parfois les motiver à marcher un peu !  

repères

 1981 : Ses premiers pas en photographie avec l’appareil de son père.

2011 :  Il se met à son compte, à Metz.

2018 :  Il ouvre son studio à Epfig, dans un bâtiment de 1734 qu’il a lui-même rénové.

2021 &2025 :   Il obtient le titre de Portraitiste de France.

2026 : Il reçoit le titre européen European Photographer, avec une série de photos de mariage.

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