Le tissu a été rénové, mais le meuble est resté. Au 6 rue Principale, le canapé des Fimbel a accueilli un hôte peu ordinaire : le chef de la 2e division blindée alors Maréchal. Son passage remonte au début de décembre 1944, après la première libération du village, le 2 décembre, par le Régiment de marche du Tchad.
Les champs impraticables obligent alors les chars à emprunter la route : « Le général Leclerc aimait aller au contact des troupes pour voir ce qui s’y passait », explique Éric Vautrin, 65 ans, ancien adjoint au maire et ancien correspondant défense chargé de la mémoire de la commune. Dans la famille, cette nuit n’a pas été oubliée. D’autres habitants connaissaient aussi l’histoire, bien avant qu’une plaque ne la rappelle aux passants :
« Vous savez, la mémoire, elle se transmet de génération en génération »,
souligne le président du comité du Grand Ried du Souvenir Français. Le canapé en est une trace bien concrète, conservée plus de quatre-vingts ans après les faits. Le canapé en est une trace bien concrète, conservée plus de quatre-vingts ans après les faits.
Une plaque pour transmettre
Élu en 2020, cet ancien militaire s’intéresse à l’histoire locale. En préparant l’installation d’une borne de la Voie de la 2e DB, il retrouve des éléments sur le séjour de Leclerc, que des habitants lui confirment. L’idée d’un hommage sur la maison prend alors forme : « On pourrait peut-être honorer la mémoire du général qui est venu à Friesenheim », les propriétaires acceptent aussitôt.

Le 11 novembre 2024, après la cérémonie commémorative, la plaque financée par le Souvenir Français est inaugurée en présence de Philippe de Francqueville, l’un des petits-fils du maréchal. Lui aussi découvre le fameux canapé, accompagné des journalistes présents. Désormais, ce souvenir de famille se lit également depuis la rue.
l’info en plus
Venu pour l’inauguration, Philippe de Francqueville a été hébergé chez l’habitant et a visité le village. Diacre, il a aussi participé à la célébration à l’église, avant les commémorations et un repas partagé : « Il est même revenu le 11 novembre 2025, parce que ça lui avait bien plu », raconte Éric Vautrin.


