Quelle est votre histoire avec la photographie ?
Depuis tout petit, j’ai toujours été très curieux. Plus jeune, je voyais mes parents prendre une multitude de photographies. Mon père avait une armoire pleine de matériel. Un jour, j’ai simplement voulu faire comme eux, puis l’objet photographie a commencé par m’obséder, et c’est devenu une passion. Le premier appareil photo était un reflex argentique. Ce n’était pas du matériel d’entrée de gamme. Je faisais de la photo plutôt classique, comme des paysages ou des portraits. Je m’entraînais beaucoup, pour me perfectionner. Cette passion m’a suivi durant mes études. J’ai même été président du club photographique de l’Université de Besançon.
Vous parliez d’argentique. Quand avez-vous pris le virage du numérique ?
C’était en 2005. L’arrivée du numérique a été vue comme un bouleversement, mais aussi une facilité. Ça a fait débat. Des photographes restent encore de grands accros à l’argentique, encore de nos jours. Pour ma part, je suis passé au numérique pour sa facilité d’emploi. Si j’avais plus de temps et de patience, je reprendrais l’argentique.
« Je veux coller à la réalité, à ce que j’ai vu »
Quels sont les sujets fréquents de vos photographies ?
Je couvre des événements : spectacles, performances de rue, concerts, compétitions sportives, etc. Je me considère comme un photographe de performances. Je profite de mes soirées et de mes week-ends pour vivre ma passion pour la photographie. Ici, il y a de quoi faire ! Le nombre de clichés fait ma force. J’ai appris à connaître les différents organisateurs. Je suis solidement implanté sur le secteur d’Alsace du Nord, j’ai mes entrées, et je pratique en toute indépendance. Je n’ai aucune obligation. Mes interlocuteurs n’ont pas d’attentes particulières.
Comment caractériseriez-vous vos photos ?
À travers mes photographies, je souhaite proposer un aspect visuel travaillé, tout en ayant une simplicité de résultat. Je veux coller à la réalité, à ce que j’ai vu, tout en ayant un style visuel assez propre. C’est difficile de se démarquer en voulant faire de la simplicité. Par les retours que je reçois par-ci, par-là, ça a l’air de fonctionner.

Qu’est-ce qui fait LA bonne photo ?
Si j’avais la réponse absolue, je ne ferais que ça (rires). Pour moi, une bonne photographie doit capter l’attention du public, transmettre une émotion. Il faut réussir à trouver la bonne conjonction : être au bon endroit, au bon moment et apporter sa vision des choses. Il faut un mélange de ces trois éléments pour donner vie à une belle photographie. C’est un ensemble qui n’est pas toujours évident à trouver.
Avez-vous un modèle ?
Si je devais citer un photographe que je considère comme un modèle, je dirais Pete Souza, un photojournaliste américain. Il a été le photographe en chef de la Maison- Blanche sous Ronald Reagan et Barack Obama. Il a une vision des choses que j’aime beaucoup. Il a cette simplicité dans le cadrage et la composition, qui est très travaillé et qui communique beaucoup de choses. Il place l’humain au coeur de ses compositions. J’adore ce qu’il a fait sous l’administration Obama. Un million de clichés ont été archivés à la fin de la mandature!
Qu’apporte la photographie au monde, selon vous ?
La photographie a toujours une place de choix. Elle est là pour documenter, transmettre, partager et faire vivre les événements en temps réel, contrairement à l’intelligence artificielle. Est-ce que la photographie est dépassée ? Pas du tout, bien au contraire. On la voit sur les réseaux sociaux, dans les journaux, etc. Elle a toujours beaucoup d’impact au coeur de la société. La photographie a encore de beaux jours devant elle. L’Homme en aura toujours besoin.

REPÈRES
- 1971 : Naissance à Dole (Jura)
- 1999 : Emmanuel s’installe en Alsace
- 2005 : Il passe de l’argentique au numérique
- 2026 : Emmanuel a une nouvelle fois photographié le Festival du Houblon



