samedi 15 juin 2024
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Barbara, Stéphanie et Yolanda – portraitistes, féministes, nikonistes

Trois photographes d’Alsace ont été distinguées pour la qualité de leur travail, lors du prestigieux concours des portraitistes de France organisé tous les deux ans depuis 1991 par la Fédération française de la photographie et des métiers de l’image (FFPMI). Les candidats ont présenté douze photos. Sur 430 dossiers, 120 sont devenus portraitistes. Trois en Alsace, trois femmes fidèles à la marque Nikon. Elles sont nos invitées de la semaine : Barbara Weber de Truchtersheim, Stéphanie Maier de Bernardswiller (qui a obtenu une mention honneur) et Yolanda Mercurio Caradonna de Haguenau. Trois femmes, trois mamans, trois regards de femme qui tirent le portrait vers le haut.

On commence avec une petite présentation !

Barbara Weber : Je suis née à Strasbourg, j’ai fait des études de prof de sport pour personnes handicapées, puis un DEA de sciences politiques. J’ai fait plein de jobs et je suis devenue responsable secteur jeunes de l’animation du quartier Les Pins à Haguenau. Photographe depuis treize ans, j’y suis entrée par hasard en prenant des photos pour l’école maternelle de mon fils, et je continue par passion. Et puis les rencontres, par exemple celles que j’ai faites au sein de la corporation des photographes d’Alsace rattachée à l’artisanat, à la Chambre des métiers où je suis élue et à la Fédération. Je suis vice-présidente de la FFPMI antenne régionale Alsace.

Stéphanie Maier : Je suis venue d’Arras il y a 25 ans et je suis basée à Bernardswiller à côté d’Obernai. J’ai travaillé pendant dix ans dans un centre socioculturel où j’étais responsable d’un secteur enfants/jeunes. La photo a toujours été ma passion. Elle a pris de plus en plus de place dans ma vie professionnelle. Depuis huit ans, je ne fais plus que ça. J’ai un studio indépendant qui me permet de proposer différentes séances : grossesse, nouveau-né. Je fais un peu de tout, des reportages de mariage aussi. Je travaille de plus en plus pour les professionnels. J’aime cette diversité.

Yolanda Mercurio Caradonna : Je suis née en Haute-Savoie, je suis italo-française et j’ai fait des études de langue, littérature étrangère en Italie. Je suis devenue prof et je suis revenue en France avec mon mari. Depuis 2015, je suis photographe spécialisée dans le nouveau-né et la famille. Ma reconversion professionnelle a été un long parcours, j’ai fait une transition en douceur et pris le temps de développer ce qui n’était au départ qu’une passion en une profession. La naissance de mon premier enfant a été le point de départ de cette nouvelle aventure. Je suis installée à Haguenau depuis 2019. Je réalise également les portraits des nouveau-nés à la maternité Sainte-Anne de Strasbourg.

La photo préférée de Barbara Weber sur les douze qu’elle a proposées pour devenir portraitiste de France. / ©Dr
Vous êtes toutes les trois devenues portraitistes de France, c’est chouette !

Barbara Weber : Oui, nous avons présenté douze photos qui ont été notées avec cinq critères et évaluées par un jury de MOF et de professionnels de la photo. Le titre est valable quatre ans. C’est une grande reconnaissance. Je me suis mise en danger sur des choses que je ne savais pas forcément faire et j’ai trouvé ça passionnant, j’ai cherché d’autres techniques et cela m’a donné envie d’aller plus loin.

Stéphanie Maier : C’est une vraie reconnaissance de notre travail, l’idée était de sortir de ma zone de confort, de me lancer un défi et d’obtenir un jugement de professionnels, parce que finalement on est dans notre petite bulle, on fait notre travail, nous avons la reconnaissance de nos clients, ce qui est très bien, mais il était aussi très intéressant de se confronter à un regard de professionnels, moi c’est pour ça que j’y suis allée.

Yolanda Mercurio Caradonna : Je ne suis même pas allée à la remise du titre à Vannes, je n’y pensais même plus, tellement j’étais persuadée de ne pas l’avoir! Ce qui me faisait peur, c’était les douze thèmes imposés, étant spécialiste des nouveau-nés et de la famille, j’ai été obligée de faire autre chose, comme un portrait de professionnel, un couple en extérieur… Ça m’a obligée à aller chercher plus loin. Lorsque les résultats sont sortis, je suis tombée de ma chaise, j’étais ravie. Cela me permet, et je crois que c’est le cas pour nous trois, de me sentir légitime. Je n’ai pas fait d’études de photographie, en fait, c’est bien beau les like sur les réseaux sociaux et les gens qui nous suivent, mais cela n’a aucune valeur sur la qualité de notre travail. Être portraitiste de France, ça signifie que ce que l’on fait tient la route.

L’une des photos présentées par Stéphanie Maier pour le concours des portraitistes de France 2023. / ©Dr
Trois Alsaciens ont été distingués, trois femmes, qu’est-ce que cela
signifie pour vous ?

Barbara Weber : Il y a beaucoup de choses à dire. D’abord, il y a le côté solidaire entre photographes, pour moi il était très important de répondre à cette interview ensemble, toutes les trois, pour montrer qu’il existe une vraie cohésion. Finalement, nous sommes
toutes les trois reliées par nos histoires de vie. Nous sommes passionnées de photos et nous avons un équilibre à tenir entre la famille et notre travail. Il y a des choix à faire, des choix propres aux femmes, car on gère quand même beaucoup de choses, on ne va pas se mentir. Et puis, on a peut-être une petite touche de créativité différente qui passe parfois au-dessus de la technique, sans la négliger.

Yolanda Mercurio Caradonna : Techniquement, nous avons autour de nous des hommes photographes incroyables, mais lorsque l’on photographie une femme enceinte, nous arrivons à nous mettre à la place de cette femme. Nous savons ce qu’elle a vécu et ça change notre façon de photographier. En fait, ce sont des photos avec un regard de femme.

Barbara Weber : Nous avons peut-être intégré la pudeur qui est liée à certaines émotions.

L’une des photos présentées par Yolanda Mercurio Caradonna pour devenir
portraitiste de France. / ©Dr
Que va changer ce titre ?

Stéphanie Maier : Cela m’apporte un peu plus de confiance et ce n’est pas négligeable, car je crois que nous avons toutes un peu le syndrome de l’imposteur, je pense qu’il ne partira jamais, concrètement. C’est bien de laisser un peu le doute de côté et de se dire que ce que l’on fait, c’est bien quand même ! Cela va renforcer le lien avec nos clients.
Barbara Weber : Oui, c’est marrant, mais certains de nos clients ont peut-être plus confiance en nous que nous-mêmes.

Yolanda Mercurio Caradonna : Moi j’ai vraiment eu le sentiment que nos clients étaient fiers, même peut-être plus que nous.

 

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