mardi 21 mai 2024
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Auguste Vonville – L’histoire de Guschti

Comédien, metteur en scène, réalisateur, présentateur, auteur ou encore directeur de lieux de diffusion d’art contemporain, Auguste Vonville, alias Guschti, habite le paysage culturel et artistique alsacien depuis plus de 50 ans.

Pouvez-vous dire que votre parcours est hors norme ?

Je suis un couteau suisse (rires). J’ai fait beaucoup de choses, oui, mais dans tout ce que j’ai fait, j’ai toujours eu de la chance. La chance ne tombe pas du ciel, il faut la désirer. Il faut désirer les choses et elles finissent par arriver.

Vous étiez décorateur, mais rapidement vous avez fréquenté l’École des Arts Appliqués de Bâle. Pourquoi ?

C’est mon employeur qui m’a payé l’École des Arts Appliqués. C’est là que j’ai commencé à traîner dans le milieu artistique bâlois qui est assez incroyable. J’y ai rencontré du beau monde, que je ne connaissais même pas à l’époque, moi qui sortais de ma campagne du Sundgau. Un jour, j’ai rencontré un gars en salopette, c’était Jean Tinguely qui était en train de réaliser la fontaine du Théâtre. Je travaillais avec un artiste-peintre dans la décoration, il m’a appris à dorer les encadrements de toiles à la feuille, j’accrochais ses tableaux dans les expositions. J’ai tout de suite commencé le métier que j’allais exercer plus tard.

Entre-temps, vous avez fait du théâtre !

Je faisais toujours des stages de théâtre avec André Leroy pendant mes vacances. J’ai quitté mon métier de décorateur et j’ai participé à la création des Tréteaux de Haute-Alsace – la compagnie de théâtre de Mulhouse. C’était une prise de risque de se lancer dans le théâtre professionnel, mais j’y suis allé. Ensuite, j’ai ouvert mon café-théâtre, le premier dans le Haut-Rhin. C’était le Canon d’Or à Ballersdorf, mais tout le monde l’appelait « Chez Guschti ». Ça marchait du tonnerre de Dieu, ça a marqué les esprits, on m’en parle encore aujourd’hui.

Auguste Vonville / ©Laurent Arnold
Justement, Guschti, ça vient d’où ?

C’est simplement Auguste. Gamin, je n’aimais pas mon prénom et on m’a donné ce surnom. Quand j’ai fait de la télé, je me suis fait appeler Guschti Vonville. Guschti c’est alsacien et Vonville c’est français, donc c’est bilingue. Quand j’ai pris la direction des Fondations Fernet Branca et François Schneider, j’ai repris mon prénom Auguste. Il y a des gens qui me téléphonaient en me demandant si je connaissais Guschti Vonville (rires) !

C’est le théâtre qui a rythmé votre vie, en fait !

Il a toujours été très présent. Il y a eu des périodes sans, mais je suis resté dans le domaine culturel. Aujourd’hui, je me relance. J’en ai besoin, je ne peux pas rester sans rien faire, je vis une période triste depuis la perte de ma femme cette année. Jean-Marie Meshaka, le directeur du Théâtre de Poche de Mulhouse, m’a proposé de remonter sur scène. Je me réjouis, ça va me remettre le pied à l’étrier.

Vous avez aussi été présentateur pour France 3, encore un coup de chance ?

Je connaissais Simone Morgenthaler. En 1989, elle a lancé une nouvelle émission qui s’appelait « Laendeltreppler » ; le premier épisode parlait du Sundgau. Elle m’a demandé un coup de main, alors je lui ai fait visiter le Sundgau, je lui ai présenté des gens. On a enregistré dans la Grange, à Bendorf, l’ancien théâtre. Le directeur des programmes, Christian Winterhalter, m’a proposé de les rejoindre et de devenir assistant de production. Quelques mois plus tard, je présentais une émission une semaine sur deux.

Quel regard portez-vous sur votre carrière ?

Je me suis dit en venant à votre rencontre que finalement tout ce que l’on fait n’est pas important si ça ne provoque rien chez celui qui regarde. Ce qui est important, c’est le sens qu’on donne aux choses. J’accorde beaucoup de place au sens, à la transmission.
Moi j’avais envie de raconter quelque chose, alors j’ai raconté. Je me suis raconté moi-même, j’ai raconté la société, j’ai fait des pièces de théâtre engagées. Je pense que le rôle de l’artiste est de laisser les gens en éveil, de les secouer quand ils s’endorment, et de leur montrer que ce n’est jamais fini.

 

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